SCHLIEFFEN ALFRED comte von (1833-1913)

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Fils d'un général prussien, Schlieffen fait des études de droit, puis entre dans l'armée et devient officier de cavalerie. À trente-quatre ans il est attaché militaire à Paris où il reste deux ans. Il participe comme officier d'état-major à la guerre de 1866 contre l'Autriche et fait la campagne de 1870-1871 à l'état-major du grand-duc de Mecklembourg. Passionné d'histoire militaire, Schlieffen devient chef du service historique de l'armée puis, en 1891, succède à von Waldersee à la tête du grand état-major. C'est alors qu'il élabore le célèbre plan de campagne qui va porter son nom.

La France et la Russie étant alliées, Schlieffen sait que l'Allemagne est condamnée à une guerre sur deux fronts. Disciple de Frédéric II en ce domaine, il est conscient de devoir battre successivement ces deux adversaires pour triompher et donc de porter initialement ses coups les plus rudes à celui qui apparaît le moins fort. Il incline d'abord vers la Russie, mais son service de renseignements le fait changer d'avis en 1898. C'est donc la France qui doit être attaquée la première, tandis que les troupes russes seront contenues au maximum. Connaissant parfaitement les systèmes défensifs français, en particulier le système fortifié Verdun-Toul-Épinal, Schlieffen envisage de déborder l'armée française en faisant passer le gros des troupes allemandes à travers la Belgique et en fonçant, d'une part, sur le camp retranché de Paris, d'autre part, sur le flanc arrière de Verdun. Mais Schlieffen ne se contente pas d'élaborer un plan, il travaille à créer les conditions matérielles de sa réussite, en dotant l'armée allemande de la plus grande puissance possible : création de trois nouveaux corps d'armée et d'une artillerie lourde mobile de campagne, renforcement des organes de commandement et de transmission, adoption de l'obusier léger de 105, etc. Entre 1893 et 1905, le plan est révisé à plusieurs reprises, mais sans que soit remise en question son idée centrale, le débordement de l'armée française par son flanc gauche.

En 1905, à la veille de quitter le service, il rédige alors le mémoire qui va le rendre célèbre, La Guerre contre la France, qu'on appela par la suite Le Grand Plan de Schlieffen, et dans lequel il écrit notamment : « C'est par le secteur Mézières-Dunkerque que nous devons pénétrer dans la forteresse France. Nous devons attaquer sans cesse les Français dans leur flanc gauche et chercher sans répit à les refouler vers le Jura et la Suisse. » Cette manœuvre sera celle du grand état-major allemand au début de la Première Guerre mondiale et manquera de peu de faire la décision. En 1940, les généraux allemands se souviendront du plan Schlieffen qui sera à nouveau appliqué dans son ensemble, mais avec une variante proposée par Manstein, approuvée par Hitler, et qui se révélera décisive : la percée de Sedan-Mézières.

Schlieffen est remplacé en 1906 par Moltke, qui va mettre en application les idées du plan. il consacre sa retraite à des travaux historiques et à l'étude des conditions de la guerre moderne. Il est promu maréchal en 1911.

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André BRISSAUD, « SCHLIEFFEN ALFRED comte von (1833-1913) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/alfred-schlieffen/