NŪRĪ ‘ABD AL-MALIK (1921- )

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Essayiste et nouvelliste irakien, ‘Abd al-Malik Nūrī, fervent admirateur de Joyce, de Tchekhov et de Dostoïevski, publie plusieurs recueils de nouvelles durant les années 1950 : La Dernière Lanterne, Omar Beg, La Serveuse, la Souris et le Printemps, Le Mur muet (1953), Le Petit Homme (1953) et Le Chant de la terre (1954). Suivront en 1980 Les Contes d'automne. On lui doit aussi un essai sur la « tragédie de l'art » et deux pièces de théâtre : Les Messagers de l'humanité (1946) et Le Bois et le Velours (1980).

‘Abd al-Malik est le chef de file de l'école réaliste irakienne. Le réalisme irakien fait son apparition dans les années 1950, qui marquent l'apogée d'une bourgeoisie au conservatisme étroit et à la conception prosaïque de la vie et de l'art. L'esthétique de ‘Abd al-Malik Nūrī et de ses disciples rompt aussi avec les outrances du romantisme arabe et se donne pour objectif essentiel la description de la vie réelle de l'homme dans son travail et dans son combat social. ‘Abd al-Malik Nūrī utilise à cet effet une langue populaire, truffée de termes dialectaux, capable d'être comprise par le prolétariat. Il opte pour la nouvelle, qui non seulement est plus facile à publier dans les journaux mais permet aussi, par son symbolisme, par ses raccourcis et ses sous-entendus d'attaquer, sans être inquiété par la censure, l'ordre établi et les valeurs islamiques. Les autorités, qui ont pourtant compris les intentions de l'écrivain militant, l'obligent à démissionner, en 1955, du poste de magistrat (auquel il avait eu accès après ses études de droit à l'université américaine de Beyrouth).

Les personnages de ‘Abd al-Malik Nūrī sont des gens du peuple et des petits-bourgeois qui incarnent les classes vaincues vivant dans un monde absurde et maudit : rues boueuses et puantes qui donnent la nausée, maisons croulantes et sombres... Ainsi, l'héroïne de La Serveuse, la Souris et le Printemps voit de la boue, « dans les cours, dans les chambres, sur les visages, sur les bras nus de ses petits frères, dans les ruelles, partout, un univers de boue ». Elle aime se perdre dans la rêver [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages




Écrit par :

  • : docteur ès lettres (Sorbonne), agrégé de l'Université, interprète à l'O.N.U., Genève

Classification

Pour citer l’article

Sayed Attia ABUL NAGA, « NŪRĪ ‘ABD AL-MALIK (1921- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/abd-al-malik-nuri/