2014101e Tour de France

Départ

Leeds (Grande-Bretagne), 5 juillet

Arrivée

Paris (Champs-Élysées), 27 juillet

Nombre d'équipes au départ

22

Nombre de coureurs au départ

198

Nombre de coureurs classés

164

Nombre d'étapes

21

Distance totale

3 660,5 km

Moyenne du vainqueur

40,679 km/h

Podium

1. Vincenzo Nibali (équipe Astana, Italie), 89 h 59 min 6 s

2. Jean-Christophe Peraud (équipe AG2R La Mondiale, France), à 7 min 37 s

3. Thibaut Pinot (équipe FDJ.fr, France), à 9 min 40 s

Classement par points

Peter Sagan (équipe Cannondale, Slovaquie)

Meilleur grimpeur

Rafal Majka (équipe Tinkoff-Saxo, Pologne)

Classement par équipes

AG2R La Mondiale

La course

Selon la majorité des journalistes, la victoire dans ce cent unième Tour de France devrait se jouer entre le Britannique Christopher Froome, tenant du titre mais qui n'a pas brillé en début de saison, et l'Espagnol Alberto Contador, qui semble en cette année 2014 avoir retrouvé sa meilleure forme. L'Italien Vincenzo Nibali, qui a fait l'impasse sur le Giro afin de mieux préparer la Grande Boucle, est présenté comme un outsider sérieux, alors que l'Espagnol Alejandro Valverde, l'Américain Tejay Van Garderen ou le Belge Jurgen Van den Broek semblent en mesure de tirer leur épingle du jeu. On pense également que les jeunes Français Thibaut Pinot et Pierre Rolland peuvent réaliser de belles performances. Par ailleurs, on note l'absence du Britannique Bradley Wiggins, vainqueur en 2012, non retenu dans l'équipe Sky, et celle du Colombien Nairo Quintana, qui a axé sa saison sur le Giro, qu'il a remporté.

La première étape, suivie par un nombreux public dans le Yorkshire, conduit les coureurs de Leeds à Harrogate (190,5 km). Comme prévu, elle se joue au sprint. Mais le Britannique Mark Cavendish, qui évolue « à domicile » et avait fait de cette victoire un objectif important, chute dans l'emballage final et devra abandonner ; l'Allemand Marcel Kittel s'impose et s'affirme déjà comme le meilleur sprinter du peloton. Dès la deuxième étape (York-Sheffield, 201 km), les favoris s'expliquent dans la côte de Jenkin Road, située à 5 kilomètres du but : finalement, Vincenzo Nibali réussit à s'extirper du peloton et l'emporte. Si l'Italien ne devance ses rivaux que de 2 secondes, il revêt le maillot jaune et affirme clairement ses ambitions. Marcel Kittel gagne les troisième et quatrième étapes. La cinquième étape (Ypres-Arenberg, 152,5 km) s'achève sur les pavés du Nord, sur une partie du parcours de Paris-Roubaix. Celle-ci est marquée par l'abandon de Christopher Froome : déjà victime d'une chute la veille, il tombe de nouveau et ne peut pas reprendre la course. Sous une pluie battante qui rend les pavés glissants et transforme le Nord en « enfer », l'autre favori, Alberto Contador, semble tétanisé et laisse filer Vincenzo Nibali, adroit sur ce terrain dangereux ; le Néerlandais Lars Boom gagne l'étape, mais Nibali conforte son maillot jaune : il distance Contador de plus de 2 minutes. La huitième étape (Tomblaine-Gérardmer, 161 km) voit la victoire de Blel Kadri, qui est donc le premier Français à s'imposer sur cette Grande Boucle. Le lendemain, entre Gérardmer et Mulhouse (170 km), le puissant Allemand Tony Martin conclut victorieusement un long raid solitaire ; arrivé dans un deuxième groupe, le Français Tony Gallopin se pare d'un maillot jaune que Nibali n'a pas cherché à défendre.

La dixième étape (Mulhouse-La Planche des Belles Filles, 161,5 km) est marquée par un nouveau coup de théâtre : Alberto Contador chute dans la descente du Petit Ballon et, le tibia fêlé, il doit renoncer. Les deux favoris, Froome et Contador, ont donc abandonné avant les Alpes. Est-ce pour que son éventuel succès ne soit pas sous-estimé que Nibali décide d'attaquer franchement dans La Planche des Belles Filles ? Peut-être : l'Italien s'impose en force, franchissant la ligne d'arrivée une quinzaine de secondes avant le Français Thibaut Pinot. Dans les Alpes, Nibali récidive : il gagne la treizième étape (Saint-Étienne - Chamrousse, 197,5 km) en rattrapant un groupe d'échappés – aucun de ceux qui pourraient désormais se voir présentés comme ses rivaux n'a réussi à prendre sa roue. Au classement général, Nibali compte déjà une avance de 3 min 37 s sur Alejandro Valverde, deuxième. Le lendemain, entre Grenoble et Risoul (177 km), le peloton emprunte notamment le col d'Izoard ; le Polonais Rafal Majka, parti dans un groupe à l'avant, est le seul à résister au retour des favoris : il s'impose et tisse déjà un maillot à pois de meilleur grimpeur qu'il conservera jusqu'à Paris ; quant à Nibali, deuxième de l'étape, il continue d'accroître son avance au classement général...

Dans les Pyrénées, après que l'Australien Michael Rogers a remporté la seizième étape (Carcassonne - Bagnères-de-Luchon, 237,5 km), Rafal Majka récidive en s'imposant au Plat d'Adet ; Nibali, quant à lui, a porté une nouvelle attaque dans l'ascension du Plat d'Adet, et seul le Français Jean-Christophe Peraud est parvenu à prendre sa roue. L'Italien compte alors une avance de 5 min 29 s sur Valverde, suivi au classement général par trois Français : Thibaut Pinot, Jean-Christophe Peraud et Romain Bardet, à 6 minutes et plus. Nibali s'était imposé dans les Vosges et dans les Alpes : il veut mettre un point d'honneur à dominer également les Pyrénées. C'est chose faite dans la dix-huitième étape (Pau-Hautacam, 145,5 km) : dès le pied de la montée finale, il place une attaque, et aucun de ses rivaux ne parvient à le suivre ; Nibali écrase la course.

Les places sur le podium se jouent dans le seul contre-la-montre de ce Tour (vingtième étape, Bergerac-Périgueux, 54 km). Les Français Thibaut Pinot, deuxième à 7 min 10 s de Vincenzo Nibali, et Jean-Christophe Peraud, troisième à 7 min 23 s, résisteront-ils à Alejandro Valverde, quatrième à 7 min 25 s ? En fait, le suspense ne dure pas, car il apparaît vite que Valverde est épuisé par ces trois semaines de course. Tony Martin, champion du monde du contre-la-montre, remporte un nouveau succès ; Nibali, décidément efficace dans tous les domaines, est quatrième à 1 min 22 s ; Jean-Christophe Peraud, septième à 2 min 7 s, se hisse à la deuxième place du Tour, devant Thibaut Pinot, douzième de l'étape à 3 min 12 s.

Marcel Kittel s'impose sur les Champs-Élysées : il s'adjuge sa quatrième étape sur cette Grande Boucle, démontrant qu'il est le meilleur sprinter du monde ; c'est pourtant le Slovaque Peter Sagan, très présent dans les sprints « intermédiaires » de chaque étape, qui revêt le maillot vert à Paris.

Ce Tour fut certes privé trop tôt de ses deux favoris, Chistopher Froome et Alberto Contador, mais Vincenzo Nibali ne fait pas un vainqueur au « rabais » : il s'est imposé sur tous les terrains, domptant les pavés comme les montagnes ; il devance son dauphin de plus de 7 min 30 s, un écart très important. Et le public se réjouit de voir deux Français sur le podium, ce qui n'était plus arrivé depuis 1984, quand Laurent Fignon avait gagné le Tour devant Bernard Hinault.

Le cyclisme cette année-là

François Pervis (France) est le premier coureur à gagner la vitesse, le kilomètre et le keirin lors d'une même édition des Championnats du monde sur piste.

Alexander Kristoff est le premier Norvégien à remporter Milan-San Remo.

Fabian Cancellara (Suisse) gagne le Tour des Flandres (pour la troisième fois).

Nairo Quintana est le premier Colombien à remporter le Giro.

Alberto Contador (Espagne) gagne la Vuelta (pour la troisième fois).

Michal Kwiatkowski est le premier Polonais couronné champion du monde sur route chez les professionnels.

Bradley Wiggins (Grande-Bretagne) devient champion du monde du contre-la-montre.

Pauline Ferrand-Prévot (France) est championne du monde sur route.

—  Pierre LAGRUE

Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pour citer l’article

Pierre LAGRUE, « 2014 - 101e Tour de France », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 avril 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/2014-101e-tour-de-france/