2012- 99e Tour de France

Départ

Liège (Belgique), 30 juin

Arrivée

Paris (Champs-Élysées), 22 juillet

Nombre d'équipes au départ

22

Nombre de coureurs au départ

198

Nombre de coureurs classés

153

Nombre d'étapes

20

Distance totale

3 494,4 km

Moyenne du vainqueur

39,900 km/h

Podium

1. Bradley Wiggins (équipe Sky, Grande-Bretagne), 87 h 34 min 47 s

2. Christopher Froome (équipe Sky, Grande-Bretagne), à 3 min 21 s

3. Vincenzo Nibali (équipe Liquigas-Cannondale, Italie), à 6 min 19 s

Classement par points

Peter Sagan (équipe Liquigas-Cannondale, Slovaquie)

Meilleur grimpeur

Thomas Voeckler (équipe Europcar, France)

Classement par équipes

Radioshack-Nissan

La course

On compte deux absents de marque au départ de ce quatre-vingt-dix-neuvième Tour de France : l'Espagnol Alberto Contador et le Luxembourgeois Andy Schleck. Le premier purge une suspension rétroactive de deux ans pour un contrôle antidopage positif (traces de clenbuterol) durant le Tour 2010 ; le second, qui fut le grand animateur de l'édition de 2011, souffre d'une fracture de la hanche et a dû déclarer forfait. Aussi l'Australien Cadel Evans semble-t-il en bonne position pour succéder à lui-même au palmarès. Son principal rival devrait être le Britannique Bradley Wiggins, vainqueur en cette année 2012 de Paris-Nice et du Critérium du Dauphiné, qui dispose en outre d'une formation solide, l'équipe Sky. Certains chroniqueurs avancent les noms de l'Italien Vincenzo Nibali, qui a renoncé à disputer le Giro pour préparer le Tour, du Luxembourgeois Fränk Schleck, du Néerlandais Robert Gesink, du Belge Jurgen Van den Broeck, tous aptes à jouer les trouble-fête.

Le prologue, à Liège, voit la victoire du spécialiste de l'exercice, le Suisse Fabian Cancellara, devant Bradley Wiggins (à 7 s), alors que Cadel Evans est en retrait (treizième, à 17 s). La première semaine est marquée par l'émergence du jeune Slovaque Peter Sagan, capable aussi bien de remporter la première étape (Liège-Seraing, 198 km) en force que la sixième (Épernay-Metz, 207,5 km) à l'issue d'un sprint massif. La septième étape (7 juillet, 199 km) conduit les coureurs de Tomblaine au sommet de La Planche des Belles Filles, dans les Vosges. Dans la côte finale, l'équipe Sky de Bradley Wiggins imprime un train très soutenu ; de nombreux concurrents sont distancés, et le Britannique Christopher Froome, un coéquipier de Bradley Wiggins, s'impose ; Wiggins endosse le maillot jaune. Le lendemain, dans la moyenne montagne, entre Belfort et Porrentruy (157,5 km), le jeune Français Thibaut Pinot (vingt-deux ans) prend les devants dans le col de la Croix, et il parvient à résister au groupe des favoris : sélectionné à la dernière minute dans la formation F.D.J.-BigMat pour disputer le Tour, il s'adjuge le plus joli succès de sa carrière naissante.

Les hommes forts du Tour ont l'occasion de s'étalonner le 9 juillet, entre Arc-et-Senans et Besançon, à l'occasion du premier contre-la-montre (41,5 km) : Bradley Wiggins l'emporte, devant Christopher Froome (à 16 s), alors que Cadel Evans ne se classe que sixième, à 1 min 19 s – le terrain accidenté semblait pourtant propice à une belle performance de sa part. Le Français Thomas Voeckler gagne de belle manière la dixième étape (Mâcon - Bellegarde-sur-Valserine, 194,5 km). Le lendemain, son coéquipier au sein de l'équipe Europcar et compatriote Pierre Rolland s'impose à La Toussuire, devant Thibaut Pinot, tandis que Cadel Evans concède plus de 1 minute à tous ses principaux rivaux.

Dans les Pyrénées, la quatorzième étape est le théâtre d'un événement déplorable : des clous ont été semés au sommet du col de Péguère, ce qui provoque de nombreuses crevaisons et aurait pu avoir de graves conséquences pour l'intégrité physique des coureurs. Après que le Français Pierrick Fédrigo a gagné la quinzième étape (Samatan-Pau, 158,5 km), Thomas Voeckler réussit un grand numéro entre Pau et Bagnères-de-Luchon (seizième étape, 197 km) : il passe en tête au sommet des quatre cols au programme de la journée (Aubisque, Tourmalet, Aspin, Peyresourde), s'assurant le maillot de meilleur grimpeur, et franchit en vainqueur la ligne d'arrivée. À l'arrière, Cadel Evans est décroché dans le col d'Aspin : désormais septième du classement général à 8 min 6 s de Bradley Wiggins, il voit ses chances de victoire finale s'envoler.

Le Tour se dénoue de façon curieuse, le 19 juillet, dans la dix-septième étape (Bagnères-de-Luchon - Peyragudes, 143,5 km), remportée pour l'anecdote par l'Espagnol Alejandro Valverde. Déjà, dans un premier temps, l'Italien Vincenzo Nibali, troisième du classement général, qui a distancé tous ses rivaux dans la descente du col de Mente, préfère ne pas insister : il indique ainsi qu'une place sur le podium suffit à le satisfaire. Surtout, à l'approche de l'arrivée, Christopher Froome place une violente accélération, se détache et... coupe son effort : son initiative a mis en difficulté Bradley Wiggins, et il doit se plier – de très mauvaise grâce – aux consignes de son directeur sportif, qui lui interdit de jouer sa carte personnelle et de tenter de ravir le maillot jaune à son leader. Les relations entre Bradley Wiggins et Christopher Froome se détériorent durablement... Wiggins remet les pendules à l'heure dans le contre-la-montre entre Bonneval et Chartres (53,5 km) : il affirme sa suprématie en s'imposant nettement, devant Froome (à 1 min 16 s). Le rapide Britannique Mark Cavendish gagne la dernière étape, sur les Champs-Élysées, s'adjugeant sa troisième victoire d'étape sur cette Grande Boucle.

Le Tour de France 2012 restera comme un petit cru : des absents de marque ; un scénario trop prévisible ; les deux meilleurs coureurs portant le maillot de la même équipe... Toujours est-il que les observateurs reconnaissent unanimement qu'il a couronné un beau vainqueur, Bradley Wiggins, un champion atypique qui ne retrouvera peut-être plus semblable opportunité.

Le cyclisme cette année-là

Tom Boonen (Belgique) remporte le Tour des Flandres (pour la troisième fois) et Paris-Roubaix (pour la quatrième fois) : il devient le co-recordman du nombre des victoires dans ces deux classiques prestigieuses.

Ryder Hesjedal est le premier Canadien à gagner le Giro.

Aux jeux Olympiques de Londres, les Britanniques dominent nettement les compétitions cyclistes sur piste : 9 médailles (dont 7 en or) pour 10 épreuves. Sur la route, le Kazakh Alexandre Vinokourov s'adjuge la course en ligne, Bradley Wiggins gagne le contre-la-montre.

Alberto Contador (Espagne) remporte la Vuelta.

À Valkenburg (Pays-Bas), Philippe Gilbert (Belgique) devient champion du monde sur route.

Le 22 octobre, l'Union cycliste internationale (U.C.I.) annule les 7 victoires dans le Tour de France (1999-2005) de Lance Armstrong, convaincu de dopage. Le 26 octobre, elle décide de ne pas réattribuer ses victoires : 7 Tours de France n'ont plus de vainqueur !

—  Pierre LAGRUE

Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pour citer l’article

Pierre LAGRUE, « 2012- 99e Tour de France », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/2012-99e-tour-de-france/