198572e Tour de France

Départ

Plumelec (Morbihan), 28 juin

Arrivée

Paris (Champs-Élysées), 21 juillet

Nombre d'équipes au départ

18

Nombre de coureurs au départ

180

Nombre de coureurs classés

144

Nombre d'étapes

22

Distance totale

4 109 km

Moyenne du vainqueur

36,232 km/h

Podium

1. Bernard Hinault (équipe La Vie claire, France), 113 h 24 min 23 s 2. Greg LeMond (équipe La Vie claire, États-Unis), à 1 min 42 s 3. Stephen Roche (équipe La Redoute, Irlande), à 4 min 29 s

Classement par points

Sean Kelly (équipe Skil-Kas, Irlande)

Meilleur grimpeur

Luis Herrera (équipe Café de Colombie, Colombie)

Classement par équipes

La Vie claire

La course

L'influence de l'homme d'affaires Bernard Tapie dans le peloton a grandi. Sous son impulsion, les salaires des meilleurs coureurs augmentent considérablement. Il a notamment offert un pont d'or à l'Américain Greg LeMond pour qu'il quitte la formation Renault-Elf et rejoigne son équipe, La Vie claire. Son association avec le Français Bernard Hinault devrait permettre de contrecarrer les ambitions du Français Laurent Fignon, double vainqueur en titre de la Grande Boucle. Les événements en décident autrement : Laurent Fignon, victime d'une tendinite, vient de se faire opérer. Il ne se présente donc pas au départ du Tour.

Celui-ci sera orchestré par Bernard Tapie : officiellement, ses deux champions doivent collaborer loyalement ; officieusement, Bernard Tapie juge que ses intérêts extrasportifs seront mieux valorisés par un cinquième succès de Bernard Hinault dès cette année, puis par une première victoire de Greg LeMond en 1986.

Bernard Hinault vient de remporter le Giro et se présente dans une bonne condition. En gagnant le prologue, il affirme d'emblée ses prétentions. Il confirme ses ambitions en remportant nettement la huitième étape (Sarrebourg-Strasbourg, 75 km contre la montre), distançant Greg LeMond (quatrième) de 2 min 34 s. Si, avec l'âge, ses qualités dans la montagne se sont émoussées, il se trouve des alliés de circonstance, les Colombiens : ceux-ci se focalisent sur les succès d'étape, tandis qu'il se consacre au seul classement général. De fait, Luis Herrera, à Morzine-Avoriaz (onzième étape), et Fabio Parra, à Lans-en-Vercors (douzième étape), s'imposent dans les Alpes.

Mais, à Saint-Étienne (quatorzième étape), ce scénario bien huilé aurait pu s'effondrer : Bernard Hinault chute près de l'arrivée et se fracture le nez. Il peut néanmoins prendre le départ le lendemain. Dans les Pyrénées, Greg LeMond se sent en mesure d'attaquer. Mais les ordres de Paul Koechli, le relais de Bernard Tapie sur le Tour, sont formels : il doit rester en compagnie de Bernard Hinault. On lui interdit donc de tenter de gagner le Tour. Mais on lui a promis que l'année prochaine son heure viendra.

Seul l'Irlandais Stephen Roche, vainqueur du premier tronçon de la dix-huitième étape (Luz-Saint-Sauveur - col d'Aubisque, 52,5 km) a tenté de rivaliser avec les deux hommes de la formation La Vie claire.

Bernard Hinault remporte son cinquième Tour de France et rejoint le Français Jacques Anquetil et le Belge Eddy Merckx dans la légende. Il réalise également son second doublé Giro-Tour de France.

Le cyclisme cette année-là

Sean Kelly (Irlande) remporte Paris-Nice et le Tour de Lombardie.

Hennie Kuiper (Pays-Bas) gagne Milan-San Remo, sa dernière grande victoire.

Marc Madiot (France) remporte Paris-Roubaix.

À Montello (Italie), Joop Zoetemelk (Pays-Bas) devient, à trente-neuf ans, champion du monde sur route.

—  Pierre LAGRUE

Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pour citer l’article

Pierre LAGRUE, « 1985 - 72e Tour de France », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/1985-72e-tour-de-france/