198370e Tour de France

Départ

Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), 1er juillet

Arrivée

Paris (Champs-Élysées), 24 juillet

Nombre d'équipes au départ

14

Nombre de coureurs au départ

140

Nombre de coureurs classés

88

Nombre d'étapes

22

Distance totale

3 860 km

Moyenne du vainqueur

36,230 km/h

Podium

1. Laurent Fignon (équipe Renault-Gitane, France), 107 h 31 min 58 s 2. Angel Arroyo (équipe Reynolds, Espagne), à 4 min 4 s 3. Peter Winnen (équipe Ti-Raleigh, Pays-Bas), à 4 min 9 s

Classement par points

Sean Kelly (équipe S.E.M.-Mavic, Irlande)

Meilleur grimpeur

Lucien Van Impe (équipe Metauromobili, Belgique)

Classement par équipes

Ti-Raleigh

La course

Une nouveauté pour cette soixante-dixième édition du Tour de France : il se dispute selon une formule dite open. C'est-à-dire que des coureurs amateurs, les Colombiens notamment, sont autorisés à participer. Mais on relève également une absence : le Français Bernard Hinault, qui a dû puiser dans ses réserves pour remporter la Vuelta et souffre d'un problème ligamentaire au genou droit, est contraint de déclarer forfait. Aucun favori ne se dégageant, une quinzaine de coureurs peuvent prétendre à la victoire.

Le jeune Belge Éric Vanderaerden remporte le prologue. À l'issue de la troisième étape (Valenciennes-Roubaix, 152 km), Kim Andersen devient le premier Danois à revêtir le maillot jaune. Il le cède à l'Irlandais Sean Kelly, un prétendant à la victoire finale, à Pau, terme de la neuvième étape.

La première étape pyrénéenne (dixième étape, Pau - Bagnères-de-Luchon, 201 km, par les cols d'Aubisque, du Tourmalet, d'Aspin et de Peyresourde) voit la course se décanter : le Britannique de la formation Peugeot-Shell Robert Millar s'impose devant l'Espagnol Pedro Delgado (à 6 s) et son coéquipier français de chez Peugeot-Shell Pascal Simon (à 1 min 13 s), grand bénéficiaire de la journée puisqu'il s'empare du maillot jaune, avec plus de 4 minutes d'avance sur le deuxième, le Français Laurent Fignon, habituel équipier de Bernard Hinault chez Renault-Gitane, et plus de 5 min 30 s sur un autre Français, Jean-René Bernaudeau, l'un des nombreux favoris ; quant à Sean Kelly, il a montré ses limites dans la montagne et concède plus de 10 minutes.

Le lendemain, entre Bagnères-de-Luchon et Fleurance (177 km), le nouveau maillot jaune est victime d'une chute et se brise l'omoplate. Courageusement, il refuse longtemps d'abandonner, mais doit s'y résoudre lors de la dix-septième étape (La Tour-du-Pin - L'Alpe-d'Huez, 223 km). Ce jour-là, le Néerlandais Peter Winnen s'impose et Laurent Fignon, cinquième à 2 min 7 s, reçoit le maillot jaune. Mais sa marge est étroite : le retard de Pedro Delgado, deuxième, n'est que d'1 min 8 s, celui de Jean-René Bernaudeau, troisième, se monte à 2 min 33 s.

Laurent Fignon sait se montrer digne de son nouveau statut. Il maîtrise les grimpeurs dans les dernières étapes alpestres et assure définitivement son succès en remportant la vingt et unième étape (un circuit de 50 km contre la montre autour de Dijon).

À vingt-trois ans, dès sa première participation, tels les plus grands, Laurent Fignon remporte la Grande Boucle.

Le cyclisme cette année-là

Sean Kelly (Irlande) gagne Paris-Nice et le Tour de Lombardie.

Giuseppe Saronni (Italie) remporte Milan-San Remo et le Giro.

Hennie Kuiper (Pays-Bas) gagne Paris-Roubaix.

Bernard Hinault (France) remporte la Vuelta et la Flèche wallonne.

À Altenrhein (R.F.A.), Greg LeMond (États-Unis) devient champion du monde sur route. Il est le premier Américain à conquérir ce titre.

—  Pierre LAGRUE

Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pour citer l’article

Pierre LAGRUE, « 1983 - 70e Tour de France », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/1983-70e-tour-de-france/