197158e Tour de France

Départ

Mulhouse, 26 juin

Arrivée

Paris (La Cipale, Vincennes), 18 juillet

Nombre d'équipes au départ

13

Nombre de coureurs au départ

130

Nombre de coureurs classés

94

Nombre d'étapes

20

Distance totale

3 608 km

Moyenne du vainqueur

37,290 km/h

Podium

1. Eddy Merckx (équipe Molteni, Belgique), 96 h 45 min 14 s 2. Joop Zoetemelk (équipe Mars-Flandria, Pays-Bas), à 9 min 51 s 3. Lucien Van Impe (équipe Sonolor-Lejeune, Pays-Bas), à 11 min 6 s

Classement par points

Eddy Merckx (équipe Molteni, Belgique)

Meilleur grimpeur

Lucien Van Impe (équipe Sonolor-Lejeune, Pays-Bas)

Classement par équipes

Bic

La course

Eddy Merckx est-il imbattable ? Même si l'on souhaiterait apporter une réponse négative à cette question dans les milieux cyclistes, car la domination sans partage du « Cannibale » agace, la résignation de ses concurrents l'an passé laisse penser que le Belge remportera de nouveau le Tour de France sans grande difficulté.

De fait, il gagne le prologue avec sa formation Molteni (11 km contre la montre à Mulhouse), s'impose de nouveau à Strasbourg (deuxième étape) et est un solide leader avant que le peloton n'aborde la montagne. Le déroulement de la huitième étape (Nevers-le Puy de Dôme, 221 km) constitue une première surprise : l'Espagnol Luis Ocaña s'impose et, si Eddy Merckx ne concède que 15 secondes, son fléchissement a été noté. Au cours de la dixième étape (Saint-Étienne - Grenoble, 188,5 km), victime d'une crevaison dans la descente du col du Cucheron, Eddy Merckx doit laisser partir ses adversaires, rallie l'arrivée avec 1 min 38 s de retard sur le vainqueur, le Français Bernard Thévenet, et cède son maillot jaune au Néerlandais Joop Zoetemelk.

Le lendemain, entre Grenoble et Orcières-Merlette (134 km), le Tour vit une étape d'anthologie. Luis Ocaña attaque dans la côte de Laffrey, située quelques kilomètres après le départ ; le Belge Lucien Van Impe et Joop Zoetemelk réussissent à l'accompagner, Merckx ne peut pas suivre ; dans le col du Noyer, Luis Ocaña part seul ; durant les 77 kilomètres restants, l'Espagnol accroît régulièrement son avance alors que Merckx, à qui personne ne propose le moindre relais, lutte sous la canicule ; à l'arrivée, Luis Ocaña précède Lucien Van Impe de 6 minutes et Merckx de 8 min 42 s ; Eddy Merckx vient de connaître la première défaillance de sa carrière.

Mais le Belge est orgueilleux. L'étape suivante conduit les coureurs vers Marseille (251 km). Dès les premiers kilomètres, Merckx attaque dans la descente d'Orcières-Merlette et s'échappe avec un petit groupe : Merckx à l'avant, Ocaña à l'arrière, le duel est grandiose ; sur le Vieux Port, le Belge n'a repris que 2 min 12 s à l'Espagnol, mais il a prouvé qu'il était aussi grand dans la défaite que dans la victoire.

Le sort du Tour se joue finalement dans la quatorzième étape (Revel-Luchon, 214,5 km). L'orage éclate alors que les coureurs arrivent au sommet du col de Mente ; pluie, grêle, la chaussée se transforme en patinoire et la descente se révèle périlleuse ; Luis Ocaña chute dans un virage, se relève, est percuté par Joop Zoetemelk. Durement touché, il se voit contraint à l'abandon.

Le lendemain, Eddy Merckx refuse d'endosser le maillot jaune, en hommage à son rival malheureux. Il ne sera dès lors plus inquiété et remporte son troisième Tour de France consécutivement.

Le cyclisme cette année-là

Eddy Merckx (Belgique) remporte Paris-Nice, Milan-San Remo, Liège-Bastogne-Liège, le Tour de Lombardie et, à Mendrisio (Suisse), est champion du monde professionnel sur route pour la deuxième fois.

—  Pierre LAGRUE

Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pour citer l’article

Pierre LAGRUE, « 1971 - 58e Tour de France », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 octobre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/1971-58e-tour-de-france/