196855e Tour de France

Départ

Vittel, 27 juin

Arrivée

Paris (La Cipale, Vincennes), 21 juillet

Nombre d'équipes au départ

11

Nombre de coureurs au départ

110

Nombre de coureurs classés

63

Nombre d'étapes

22

Distance totale

4 492 km

Moyenne du vainqueur

34,894 km/h

Podium

1. Jan Janssen (Pays-Bas), 133 h 49 min 42 s 2. Herman Van Springel (Belgique), à 38 s 3. Ferdinand Bracke (Belgique), à 3 min 3 s

Classement par points

Franco Bitossi (Italie)

Meilleur grimpeur

Aurelio Gonzales (Espagne)

Classement par équipes

Espagne

La course

La formule des équipes nationales a été reconduite. Raymond Poulidor est cette fois le leader incontesté de l'équipe de France. Roger Pingeon a accepté de bonne grâce de se mettre au service du Limousin, en raison de l'aide précieuse que celui-ci lui a apportée l'année précédente. Lucien Aimar, lui, a été relégué en équipe de France B. Les organisateurs, tirant les leçons du décès de Tom Simpson en 1967, proposent un parcours moins ardu. Le mont Ventoux n'est, bien sûr, pas au programme. En outre, la veille du départ, organisateurs, médecins et coureurs ont signé un document où tous les coureurs s'engagent à se soumettre aux contrôles antidopage quotidiens organisés par la Fédération française. Une décision qui permet d'éviter les contrôles policiers.

Ce Tour de France se révèle en fait insipide. Personne ne réussit à creuser des écarts importants, les routiers-sprinters dominent la plupart des étapes. Georges Vandenberghe, coureur limité de l'équipe de Belgique B, conserve ainsi le maillot jaune durant douze étapes.

Raymond Poulidor demeure néanmoins un solide favori au départ de la quinzième étape (Font-Romeu - Albi, 250,5 km). Mais, alors que Roger Pingeon s'est porté en tête et va s'imposer, le Limousin est renversé par un motard à 50 kilomètres de l'arrivée. Il parvient à rejoindre Albi, continue encore une journée, mais ne prend pas le départ de la dix-huitième étape à Saint-Étienne. Pour la première fois, il doit abandonner le Tour de France.

La course n'a pas livré son verdict à la veille de l'arrivée : si le Belge Herman Van Springel porte le maillot jaune, sept coureurs se tiennent en moins de 2 minutes. L'étape Melun-Paris (55,2 km contre la montre) est donc décisive. Van Springel, bon spécialiste de la discipline, semble en mesure de conserver son bien. Son plus sérieux rival devrait être son compatriote Ferdinand Bracke, un pur spécialiste de l'effort solitaire, recordman de l'heure, dont le handicap ne se monte qu'à 1 min 56 s. Le Néerlandais Jan Janssen n'accuse que 12 secondes de retard sur Van Springel, mais il ne se trouve pas, pense-t-on, sur son terrain de prédilection. En fait, Jan Janssen, survolté, s'impose. Herman Van Springel concède 54 secondes, Ferdinand Bracke, paralysé par le trac, 1 min 23 s. Jan Janssen remporte la Grande Boucle sans avoir porté le maillot jaune une seule journée.

Le cyclisme cette année-là

Eddy Merckx (Belgique) remporte Paris-Roubaix et le Giro.

Walter Godefroot (Belgique) gagne le Tour de Flandres.

Felice Gimondi (Italie) remporte la Vuelta et le Grand Prix des nations.

Herman Van Springel (Belgique) gagne le Tour de Lombardie.

Sur le circuit d'Imola (Italie), l'Italien Vittorio Adorni devient champion du monde sur route, avec la bénédiction du Belge Eddy Merckx, son habituel leader au sein de la formation Faema.

Le 10 octobre, à Mexico, Ole Ritter (Danemark) bat le record de l'heure (48,653 km).

Remarquables résultats des Français lors des jeux Olympiques de Mexico : Daniel Morelon (vitesse), Pierre Trentin (kilomètre), Trentin-Morelon (tandem) et Daniel Rebillard (poursuite) sont champions olympiques.

—  Pierre LAGRUE

Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pour citer l’article

Pierre LAGRUE, « 1968 - 55e Tour de France », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/1968-55e-tour-de-france/