196552e Tour de France

Départ

Cologne (Allemagne), 22 juin

Arrivée

Paris (Parc des Princes), 14 juillet

Nombre d'équipes au départ

13

Nombre de coureurs au départ

130

Nombre de coureurs classés

96

Nombre d'étapes

22

Distance totale

4 188 km

Moyenne du vainqueur

35,882 km/h

Podium

1. Felice Gimondi (équipe Salvarani, Italie), 116 h 42 min 6 s 2. Raymond Poulidor (équipe Mercier-B.P., France), à 2 min 40 s 3. Gianni Motta (équipe Molteni, Italie), à 9 min 18 s

Classement par points

Jan Janssen (équipe Pelforth-Sauvage-Lejeune, Pays-Bas)

Meilleur grimpeur

Julio Jimenez (équipe Kas, Espagne)

Classement par équipes

Kas

La course

Le Français Jacques Anquetil, quintuple vainqueur de l'épreuve, a décidé de ne pas disputer ce Tour de France. Son compatriote et rival Raymond Poulidor en devient donc le favori logique, même si certains doutent de ses capacités à contrôler la course, rôle qui était jusqu'alors dévolu à Jacques Anquetil et ses coéquipiers. Quant à l'Italien Felice Gimondi, vainqueur du Tour de l'avenir en 1964 et récent troisième du Giro, il ne devait pas non plus prendre part à l'épreuve : il n'était que remplaçant au sein de la formation Salvarani ; Luciano Pezzi, le directeur sportif de l'équipe, n'a finalement décidé de l'inscrire qu'en raison du forfait de l'un de ses coureurs.

Dès la troisième étape (Roubaix-Rouen, 240 km), Gimondi s'inscrit dans une échappée, remporte l'étape, endosse le maillot jaune, et Poulidor se voit déjà relégué à plus de 3 minutes. Si l'inquiétude ne s'est pas encore installée dans le camp du Limousin – les Italiens les plus dangereux semblent être Vittorio Adorni, récent vainqueur du Giro, et Gianni Motta –, c'est chose faite le lendemain : certes, Raymond Poulidor remporte l'étape contre la montre à Châteaulin (26,7 km), mais Gimondi n'a concédé que 17 secondes.

La traversée des Pyrénées sous la canicule s'avère pénible pour le peloton. Les abandons se multiplient : Vittorio Adorni, le Français Lucien Aimar, l'Espagnol Federico Bahamontes, qu'on ne reverra plus sur le Tour...

Mais Felice Gimondi a bien résisté et, à Montpellier, terme de la treizième étape, il demeure le leader de la course, avec 3 min 12 s d'avance sur Raymond Poulidor. Dans la quatorzième étape (Montpellier-le mont Ventoux, 173 km), Raymond Poulidor passe à l'offensive : il attaque dès les premières pentes du « Géant de Provence » en compagnie de l'Espagnol Julio Jimenez ; Gimondi tente un moment de résister, mais doit lâcher prise ; au sommet, Poulidor s'impose devant Jimenez ; Gimondi a cédé près de 2 minutes, et le retard de Raymond Poulidor au classement général s'est réduit à 34 secondes. Pour beaucoup, celui-ci semble en mesure de s'assurer la victoire finale lors de la dix-huitième étape (Aix-les-Bains - le mont Revard, 26,9 km), disputée contre la montre. Tout au contraire, c'est Gimondi qui s'impose, avec 33 secondes d'avance sur Poulidor. Le Bergamasque remporte encore l'ultime étape (Versailles-Paris, 37,8 km, contre la montre). Ce néophyte italien remporte le Tour, et Poulidor doit une nouvelle fois se contenter de la place de dauphin.

Le cyclisme cette année-là

Rik Van Looy (Belgique) remporte Paris-Roubaix pour la troisième fois.

Jacques Anquetil (France) remporte Paris-Nice (pour la quatrième fois) et le grand Prix des nations (pour la huitième fois). Le 30 mai, il gagne un difficile Critérium du Dauphiné libéré (8 étapes). Le soir, il rejoint Bordeaux en avion, prend le départ de Bordeaux-Paris, et remporte la course : un immense exploit qui marque peut-être les esprits autant que ses cinq victoires dans le Tour.

À Lasarte (Espagne), Tom Simpson devient le premier Britannique champion du monde sur route. Il gagne également le Tour de Lombardie.

—  Pierre LAGRUE

Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pour citer l’article

Pierre LAGRUE, « 1965 - 52e Tour de France », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/1965-52e-tour-de-france/