195845e Tour de France

Départ

Bruxelles (Belgique), 26 juin

Arrivée

Paris (Parc des Princes), 19 juillet

Nombre d'équipes au départ

10

Nombre de coureurs au départ

120

Nombre de coureurs classés

78

Nombre d'étapes

24

Distance totale

4 319 km

Moyenne du vainqueur

36,905 km/h

Podium

1. Charly Gaul (équipe Pays-Bas - Luxembourg, Luxembourg), 116 h 59 min 5 s 2. Vito Favero (Italie), à 3 min 10 s 3. Raphaël Geminiani (équipe Centre-Midi, France), à 3 min 41 s

Classement par points

Jean Graczyk (équipe Centre-Midi, France)

Meilleur grimpeur

Federico Bahamontes (Espagne)

Classement par équipes

Belgique

La course

Avant le départ de ce Tour de France, Marcel Bidot, le sélectionneur tricolore, doit apaiser les querelles franco-françaises : de retour sur la Grande Boucle, Louison Bobet et Raphaël Geminiani doivent désormais composer avec les volontés de Jacques Anquetil, le tenant du titre. Celui-ci accepte la présence de Bobet au sein de l'équipe de France, mais pas celle de Geminiani, qui disputera l'épreuve sous les couleurs de la formation Centre-Midi. Grande innovation : pour la première fois, le Tour est retransmis en direct par la télévision.

Le premier épisode de cette rivalité entre Français se déroule entre Caen et Saint-Brieuc (sixième étape, 223 km) : Bobet malade, Anquetil hors de forme, Raphaël Geminiani déclenche les hostilités : Anquetil et Bobet concèdent plus de 10 minutes. Le Luxembourgeois Charly Gaul, surprenant, remporte la huitième étape (un circuit de 46 km contre la montre autour de Châteaulin). À Pau (treizième étape), Geminiani endosse le maillot jaune. Il le cède dès le lendemain au grimpeur italien Vito Favero, mais les étapes pyrénéennes ne sont pas décisives.

Si Charly Gaul s'impose de nouveau lors de l'ascension (contre la montre) du mont Ventoux (dix-huitième étape, Bédouin-le mont Ventoux, 21,5 km), Raphaël Geminiani jubile : il retrouve le maillot jaune, et tous les Tricolores sont distancés. Mais le Luxembourgeois constitue désormais une réelle menace. Aussi, le lendemain (dix-neuvième étape, Carpentras-Gap, 178 km), lorsque ce dernier est victime d'un incident mécanique, Geminiani passe à l'attaque, avec, notamment, l'Italien Gastone Nencini et Jacques Anquetil : Gaul concède 10 minutes et se trouve distancé de 15 min 12 s au classement général.

L'Espagnol Federico Bahamontes remporte un succès de prestige lors de la vingtième étape (Gap-Briançon, 165 km), mais le Tour va se jouer le lendemain. Cinq cols sont au programme de cette étape Briançon - Aix-les-Bains (219 km). Pluie, froid : les conditions atmosphériques sont exécrables dans la Chartreuse. Dès le deuxième col de la journée, le Luitel, Charly Gaul prend les devants ; l'avance du Luxembourgeois ne cesse de croître : 5 min 30 s au col de Porte, 7 min 50 s au Cucheron, 12 min 20 s au Granier, 14 minutes à l'arrivée. Geminiani, isolé, n'a trouvé aucun allié – jusqu'à son ami Louison Bobet refusant de lui accorder le moindre relais – alors qu'Anquetil a abandonné. Si Vito Favero retrouve le maillot jaune au terme de cette étape dantesque, Gaul s'est rapproché à 1 min 7 s au classement général.

Le Luxembourgeois construit définitivement sa victoire lors de la vingt-troisième étape (Besançon-Dijon, 74 km contre la montre), en distançant Favero de plus de 4 minutes.

Le cyclisme cette année-là

Rik Van Looy (Belgique) gagne Milan-San Remo et Paris-Bruxelles.

Jean Stablinski (France) remporte la Vuelta.

Ercole Baldini (Italie) gagne le Giro et, à Reims, est couronné champion du monde sur route.

Le 23 septembre, au Vigorelli de Milan, Roger Rivière (France) bat le record de l'heure (47,346 km).

—  Pierre LAGRUE

Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

Pour citer l’article

Pierre LAGRUE, « 1958 - 45e Tour de France », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/1958-45e-tour-de-france/