195340e Tour de France

Départ

Strasbourg, 3 juillet

Arrivée

Paris (Parc des Princes), 26 juillet

Nombre d'équipes au départ

12

Nombre de coureurs au départ

119

Nombre de coureurs classés

76

Nombre d'étapes

22

Distance totale

4 476 km

Moyenne du vainqueur

34,593 km/h

Podium

1. Louison Bobet (France), 129 h 23 min 25 s 2. Jean Malléjac (équipe Ouest, France), à 14 min 18 s 3. Giancarlo Astrua (Italie), à 15 min 2 s

Classement par points

Fritz Schaer (Suisse)

Meilleur grimpeur

Jesus Lorono (Espagne)

Classement par équipes

Pays-Bas

La course

Pour le cinquantenaire du Tour de France, les organisateurs proposent une nouveauté : la création d'un classement par points, dont le leader portera un maillot vert ; cette innovation est destinée à récompenser les « hommes de la plaine », les sprinters, réduits à la portion congrue jusque-là. Se souvenant de la domination de Fausto Coppi l'année précédente, en raison de laquelle l'intérêt de l'épreuve s'était avéré moindre, ils ont également diminué les difficultés : pas d'arrivée au sommet d'un col, réduction des distances parcourues contre la montre. Mais le campionissimo, qui venait de remporter avec peine le Giro, renonce à défendre son titre. Louison Bobet, de son côté, ne confirme sa participation à Marcel Bidot, le directeur de l'équipe de France, que quelques jours avant le départ. En outre, son statut de leader des Tricolores se voit durement contesté par Raphaël Geminiani.

Jusqu'aux Pyrénées, le maillot jaune ne connaît que deux titulaires : le Suisse Fritz Schaer et le Français Roger Hassenforder, qui devient la coqueluche du public.

Les tensions sont vives au sein de l'équipe de France, d'autant plus que les Français de l'équipe Ouest se mettent en évidence : Jean Robic remporte la onzième étape (Cauterets-Luchon, 115 km), ce qui lui vaut de porter pour la première fois le maillot jaune en course ; le lendemain, il le cède à un de ses coéquipiers, François Mahé ; puis un autre coureur de la formation Ouest, Jean Malléjac, s'en empare et le conserve jusqu'à Gap, terme de la dix-septième étape.

Finalement, la « paix » était revenue chez les Tricolores, Marcel Bidot usant de toute son influence, lors d'une réunion houleuse à Béziers (arrivée de la treizième étape, remportée par Nello Lauredi, devant Raphaël Geminiani et Louison Bobet) pour contraindre Raphaël Geminiani et Nello Lauredi à faire acte d'allégeance envers Louison Bobet. Le Breton ne les décevra pas. Il va donner toute sa mesure lors de la dix-huitième étape, Gap-Briançon (165 km) : il sort du peloton dans le col de Vars, rejoint son coéquipier Adolphe Deledda, qui lui apporte une aide précieuse, et s'envole dans l'Izoard où, dans la Casse déserte, un inattendu spectateur – Fausto Coppi – le salue. À Briançon, il ravit le maillot jaune à Jean Malléjac. Bobet gagne également l'unique épreuve contre la montre (vingtième étape, Lyon-Saint-Étienne, 70 km). À son sixième essai, Louison Bobet remporte enfin la Grande Boucle. Le Suisse Fritz Schaer est le premier lauréat du classement par points.

Le cyclisme cette année-là

Fausto Coppi (Italie) remporte le Giro (pour la cinquième fois) et, à Lugano (Suisse), devient champion du monde sur route.

Ferdi Kubler (Suisse) gagne Bordeaux-Paris.

Un jeune coureur français de dix-neuf ans, Jacques Anquetil, remporte le Grand Prix des nations.

—  Pierre LAGRUE

Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pour citer l’article

Pierre LAGRUE, « 1953 - 40e Tour de France », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/1953-40e-tour-de-france/