193731e Tour de France

Départ

Paris (Le Vésinet), 30 juin

Arrivée

Paris (Parc des Princes), 25 juillet

Nombre d'équipes au départ

11 (dont 8 équipes nationales)

Nombre de coureurs au départ

97

Nombre de coureurs classés

46

Nombre d'étapes

20

Distance totale

4 415 km

Moyenne du vainqueur

31,768 km/h

Podium

1. Roger Lapébie (France), 138 h 58 min 31 s 2. Mario Vicini (individuel, Italie), à 7 min 17 s 3. Léo Amberg (Suisse), à 26 min 13 s

Meilleur grimpeur

Félicien Vervaecke (Belgique)

Classement par équipes

France

La course

L'an passé, l'équipe de France, faute d'une bonne organisation, s'était montrée nettement inférieure face à des Belges soudés autour de Sylvère Maes. Pour lui donner un peu plus de cohésion, Henri Desgrange nomme à sa tête un directeur technique : Jean Leulliot. Mais ni Antonin Magne ni André Leducq ne se trouvent au départ. L'année précédente, les Italiens n'avaient pas participé à l'épreuve en raison de la guerre en Éthiopie. Mussolini, conscient du retentissement international du Tour de France, souhaite que la « Grande Italie » soit dignement représentée : le jeune Gino Bartali, vingt-trois ans, récent vainqueur du Giro, consent, plutôt de mauvaise grâce, à participer au Tour. Sur le plan technique, l'emploi du dérailleur est enfin autorisé. Les machines sont équipées d'un dérailleur à trois vitesses de la marque Superchampion.

Lors de la première étape alpestre (septième étape, Aix-les-Bains - Grenoble, 228 km), Gino Bartali attaque dans le Galibier et creuse des écarts importants ; il attend son coéquipier Francesco Camusso, les deux hommes unissent leurs efforts, Bartali s'impose et endosse le maillot jaune. Mais Bartali est victime d'une chute le lendemain (huitième étape, Grenoble-Briançon, 194 km). Il renoncera à Marseille, ne prenant pas le départ de la douzième étape.

Entre-temps, le Français Roger Lapébie a remporté la neuvième étape (Briançon-Digne, 220 km) et le Belge Sylvère Maes s'est emparé du maillot jaune. Le Tour menace de perdre de son intérêt, car les Belges sont nettement supérieurs aux Français dans l'exercice du contre la montre par équipes (ils se sont largement imposés entre Toulon et Marseille, second tronçon de la onzième étape, 65 km), ce qui laisse prévoir une facile victoire de Sylvère Maes. C'est alors qu'Henri Desgrange, dans un de ses accès d'autorité, décide tout simplement de supprimer tous les contre la montre par équipes qui restaient à disputer !

L'ambiance devient exécrable. Roger Lapébie se voit infliger une pénalité d'1 min 30 s pour avoir été poussé dans le Tourmalet. Lors de la seizième étape (Pau-Bordeaux, 235 km), à la suite d'une crevaison à 40 kilomètres du but, Sylvère Maes concède 1 min 33 s à Lapébie ; il est également pénalisé (de 15 s) pour une faute vénielle, et ne compte plus que 25 secondes d'avance sur Lapébie au classement général. Au vélodrome de Bordeaux, le public conspue les coureurs de l'équipe de Belgique. Craignant pour leur sécurité, ceux-ci décident de quitter le Tour. Roger Lapébie devient le nouveau maillot jaune, et le demeure jusqu'à Paris.

Le cyclisme cette année-là

Roger Lapébie (France) gagne Paris-Nice.

Gustaaf Danneels (Belgique) remporte Paris-Tours (pour la troisième fois).

Gino Bartali (Italie) gagne le Giro (pour la deuxième fois consécutivement).

À Copenhague (Danemark), Eloi Meulenberg (Belgique) est champion du monde sur route. Il gagne également Liège-Bastogne-Liège.

Au Vigorelli de Milan, Frans Slaats (Pays-Bas), le 29 septembre (45,485 km), puis Maurice Archambaud (France), le 3 novembre (45,767 km) battent le record de l'heure.

—  Pierre LAGRUE

Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

Classification

Pour citer l’article

Pierre LAGRUE, « 1937 - 31e Tour de France », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 août 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/1937-31e-tour-de-france/