192216e Tour de France

Départ

Paris (Luna Park), 25 juin

Arrivée

Paris (Parc des Princes), 23 juillet

Nombre de coureurs au départ

120 (25 en première classe, 95 en seconde classe)

Nombre de coureurs classés

38

Nombre d'étapes

15

Distance totale

5 372 km

Moyenne du vainqueur

24,202 km/h

Podium

1. Firmin Lambot (Belgique, équipe Peugeot), 222 h 8 min 6 s 2. Jean Alavoine (France, équipe Peugeot), à 41 min 15 s 3. Félix Sellier (Belgique, équipe Alcyon), à 42 min 2 s

La course

Le paysage cycliste s'est considérablement modifié durant l'hiver : le consortium La Sportive, n'ayant plus de raison d'être dans la mesure où la situation économique s'améliore, permettant aux constructeurs de cycles d'entretenir à nouveau des équipes, a disparu. Peugeot, Alcyon, Thomann, Automoto, les grandes marques d'avant guerre, alignent de nouveau des formations au départ du Tour... bien que la course demeure « strictement individuelle ». Pour la première fois, les péripéties de la Grande Boucle sont relatées par la T.S.F., qui rend compte, tous les deux jours par la voix de Maurice Leblanc, l'auteur à succès d'Arsène Lupin, du déroulement de la course. Le parcours propose un nouveau col, appelé à devenir l'un des lieux mythiques du Tour : l'Izoard.

Le Français Eugène Christophe s'empare du maillot jaune à l'issue de la quatrième étape (Brest - Les Sables-d'Olonne, 412 km), remportée par le Belge Philippe Thys. Jean Alavoine, français lui aussi, vainqueur de la septième étape (Luchon-Perpignan, 323 km), alors que Christophe, défaillant, concède 45 min 46 s, lui ravit la tunique.

Philippe Thys, qui a perdu toutes ses chances dans les Pyrénées en concédant un temps considérable en raison de problèmes de santé, met un point d'honneur à passer en tête au sommet de l'Izoard (dixième étape, Nice-Briançon, 274 km, qu'il remporte). Philippe Thys gagnera au total cinq étapes lors de cette édition, qu'il terminera à la quatorzième place, à 5 h 48 min 58 s du vainqueur.

Au cours de la douzième étape (Genève-Strasbourg, 371 km), remportée par le Belge Émile Masson, Jean Alavoine perd 37 minutes en raison de nombreuses crevaisons. Il doit céder son maillot jaune au Belge Hector Heusghem, qui semble en mesure de remporter le Tour. Lors de la treizième étape (Strasbourg-Metz, 300 km), où Alavoine concède encore 23 minutes sur crevaison, Hector Heusghem détériore son vélo à la suite d'une chute ; il change de machine, alors que celle-ci pouvait être réparée, enfreignant ainsi le règlement ; aidé de complices, il « défonce » son premier vélo à coups de marteau pour tenter de tromper les commissaires de course. Mais ceux-ci ne sont pas dupes, et infligent à Hector Heusghem une pénalité d'une heure. Le maillot jaune revient à un autre Belge, Firmin Lambot.

À trente-six ans, Firmin Lambot, qui n'a gagné aucune étape mais a été épargné par la malchance, remporte le Tour de France pour la seconde fois.

Le cyclisme cette année-là

Giovani Brunero (Italie) remporte Milan-San Remo et le Giro (pour la seconde fois consécutivement).

Francis Pélissier (France) gagne Bordeaux-Paris.

Henri Pélissier (France) remporte Paris-Tours.

Costante Girardengo (Italie) remporte le Tour de Lombardie (pour la troisième fois).

—  Pierre LAGRUE

Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

Pour citer l’article

Pierre LAGRUE, « 1922 - 16e Tour de France », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/1922-16e-tour-de-france/