Piémontais d'Alexandrie, où il est né, Urbano Rattazzi se voue tout d'abord exclusivement à la profession d'avocat et n'entre que tardivement dans la politique avec son élection, en 1848, au parlement subalpin. Député de sa ville natale, qui le réélira constamment jusqu'à sa mort, il prend une part active aux travaux législatifs, ce qui lui vaut le portefeuille de l'Agriculture dans le bref gouvernement Casati (juillet-août 1848). Lors de la poussée démocratique qui se manifeste dans le Piémont, il passe à l'opposition qui réclame la reprise des hostilités contre l'Autriche. Collaborateur de l'abbé Gioberti, président du Conseil, Rattazzi l'encourage dans ses projets de relance de la crise italienne malgré l'impréparation morale, financière et militaire du pays. Après que Gioberti, désavoué par la plupart de ses collègues, se fut démis, c'est Rattazzi qui lui succède en fait le 21 février 1849. Le 14 mars, il annonce au Parlement que « l'heure de la revanche a sonné ». Mais la brève campagne se termine par le désastre de Novare le 23 mars ; Rattazzi, qui en porte très largement la responsabilité, sera désormais pour ses adversaires « l'homme de Novare ». Lorsque le Piémont entre en convalescence sous la direction de Massimo d'Azeglio (1849-1852), Rattazzi, qui est à la Chambre le leader du centre gauche, soutient la politique de laïcisation du président du Conseil. Il se lie alors avec Cavour et conclut avec le chef du centre droit le célèbre « mariage » (connubio) qui permet une majorité de gouvernement. Ministre de l'Intérieur en 1854, Rattazzi, au cours de ses six années de collaboration avec Cavour, accomplit la partie la plus positive de sa carrière. Il seconde ce dernier dans ses efforts de modernisation du royaume et l'aide à imposer une politique aux vues lointaines avec l'intervention dans la guerre de Crimée (1855-1856). Mais, après le traité de Paris (1856), une crise économique secoue le Piémont, et les élections de 1857 ne sont gagnées que de justesse ; Cavour […]
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