Dame de la cour du Japon, auteur des Notes de l'appuie-tête (Makura no sōshi), l'un des deux chefs-d'œuvre de la littérature japonaise des environs de l'an mille. Entrée au service de l'impératrice Sadako en 991, Sei-shōnagon, dont nous ne connaissons que ce surnom, quitta le palais en 1000, à la mort de sa maîtresse. Sur sa vie après cette date, nous n'avons que des légendes contradictoires ; on affirme qu'elle mourut vieille, pauvre et abandonnée, ce qui n'est peut-être qu'une invention de l'un de ceux qu'elle avait égratignés dans ses écrits, comme paraît inventée la réputation de légèreté qu'on lui fit par la suite.
Le Makura no sōshi est formé d'une suite d'environ trois cents notes sans lien entre elles, jetées sur le papier au hasard des événements ou des réflexions. Ce n'est donc pas un journal au sens habituel du terme, mais plutôt la première manifestation dans les lettres japonaises d'un genre qui devait connaître une grande fortune, celui des zuihitsu, des « écrits au fil du pinceau ». Plus de la moitié de ces notes sont des énumérations ; les unes, noms de montagnes, de mers, de rivières, de palais, pourraient être […]
