1. Auteur
Élève du Flamand Adrian Willaert, l'Italien Andrea Gabrieli est avec son neveu Giovanni Gabrieli (1555 env.-1612) l'une des personnalités les plus importantes de l'école vénitienne. Organiste à Saint-Marc de Venise, il compose de nombreuses pièces de musique vocale sacrée, parmi lesquelles un livre de Sacrae Cantiones (1565), des œuvres pour orgue et quelque 250 madrigaux profanes, pièces vocales écrites pour 3 à 6 voix où se révèle un plus grand souci d'intelligibilité du texte chanté que chez ses prédécesseurs de l'école polyphonique franco-flamande.
2. Genre - Musique instrumentale polychorale
La polychoralité, dite aussi en italien cori spezzatti («chœurs brisés»), est une technique de composition qui exploite les ressources de l'espace acoustique : plusieurs chœurs - le terme désigne ici aussi bien des ensembles vocaux que des formations instrumentales -, placés dans des endroits opposés d'un édifice religieux, dialoguent entre eux. Pour développer cette technique, Andrea Gabrieli met à profit la configuration particulière de la basilique Saint-Marc de Venise, qui possède deux galeries en hauteur se faisant face le long de la nef centrale.
3. Forme - Ricercare (ou ricercar)
Terme italien signifiant «rechercher», le ricercare désigne à l'origine des pièces purement instrumentales, notamment pour viole ou luth ; il se confond souvent avec la fantaisie en France, la canzona en Italie, la fancy ou fantasia en Angleterre, le tiento en Espagne. Vers la fin du XVIe siècle à Venise, le ricercare des musiciens franco-flamands correspond à une forme dans laquelle un thème est développé selon le principe de l'imitation mélodique. De ce ricercare, équivalent instrumental du motet vocal, naîtra la fugue.
4. Esthétique
Andrea Gabrieli développe avec son neveu Giovanni la composition à plusieurs chœurs instaurée par son maître Adrian Willaert en y apportant un é […]
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