Le célèbre chansonnier français Pierre Jean de Béranger, enfant du peuple malgré une particule usurpée par son père, fut élevé par son grand-père, tailleur rue du Faubourg-Saint-Antoine. Il assiste à la prise de la Bastille, mais on juge ensuite plus prudent de l'envoyer chez une tante fort dévote de Péronne, où il fréquente l'institut laïque de M. Ballue de Bellenglise, adepte de Rousseau, qui avait fait de son école un véritable petit club où l'on cultivait la harangue et les maximes révolutionnaires. Il travaille ensuite chez un imprimeur qui lui inculque les usages de la langue et les règles de la prosodie. De retour à Paris, il écrit une comédie, Les Hermaphrodites, inspirée par les mœurs efféminées du Directoire, commence un poème épique, Clovis, et s'essaie à tous les genres poétiques. Vivant dans la gêne, il songe à s'établir dans la colonie d'Égypte, puis envoie ses vers à Lucien Bonaparte qui, avant de partir pour l'exil en 1804, lui fait don de sa propre pension de membre de l'Institut, à laquelle s'ajoute l'argent qu'il tire d'une collaboration anonyme aux Annales du Musée français, recueil de gravures au trait dirigé par le peintre Landon, […]
