D'origine bourgeoise, Peire d'Auvergne (d'Alvernha) fréquente la cour de Raimond Béranger IV de Barcelone et celle de Sanche III de Castille. Il acquiert une très grande renommée. Dante le place parmi les Antiquiores doctores. Il passe pour un disciple de l'art de Marcabru, dont il imite le style difficile dans une poésie élaborée, à la recherche d'une forme aussi raffinée que possible. Mais il ne semble pas atteindre à l'originalité de son modèle dont il évite ce que la critique moderne dénomme la « trivialité ». Sans doute ne peut-on juger exactement de cette originalité, faute de pouvoir saisir comme il conviendrait les intentions morales et religieuses de Peire. Il veut, en tout cas, renouveler la poésie en la dégageant des thèmes traditionnels. Orgueilleux de son savoir, il appartient à cette race d'écrivains pour qui l'art est le moyen de transcender la condition humaine. Malgré la noblesse et la force de l'expression qui ont fait sa réputation et imposé son influence, il passe pour un troubadour de second rang aux yeux de la critique actuelle. Peut-être simplement attend-il encore de meilleurs exégètes.
Charles CAMPROUX
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