La naissance de Louise Brown (Grande-Bretagne, 1978) venait couronner quinze années de travail du biologiste Robert Edwards avec le gynécologue Patrick Steptoe. Cet événement fit sensation dans le monde entier, mais de fortes réserves se sont alors exprimées. Outre la réticence des Églises (aujourd'hui la seule Église catholique s'y oppose), de larges courants d'idées portaient une inquiétude à l'égard de ce premier passage à l'acte du scénario esquissé dans Le Meilleur des mondesd'Aldous Huxley. Même les scientifiques boudaient l'exploit de l'équipe britannique, lui reprochant d'avoir sacrifié l'information scientifique à la communication médiatique.
Si la fécondation in vitro et transfert d'embryon est, depuis lors, largement admise, jusque dans les dictionnaires (fivète = n.f., 1984... [Le Petit Robert]), on peut, avec le recul, s'interroger sur son effet le plus important, en dehors de la possibilité de permettre l'engendrement de couples stériles ou peu fertiles. La stigmatisation de la « séparation entre sexualité et procréation », fort répandue dans les années 1980, apparaît finalement moins « révolutionnaire » que l'extraction de l'œuf humain hor […]
