Homme d'État mauritanien. Moktar Ould Daddah est né en 1924 dans une famille appartenant à une tribu maraboutique, les Oulad Biri, à Boutilimit, dans le sud-ouest de l'actuelle Mauritanie, alors colonie française. Après avoir reçu une éducation religieuse et suivi des études primaires dans sa ville natale, il devient interprète auprès de l'administration française. Il se rend en France en 1950 et entame des études secondaires, à Nice, et devient le premier bachelier mauritanien. En 1956, il obtient le certificat d'aptitude à la profession d'avocat et revient en Mauritanie. En 1957, Ould Daddah est élu à la vice-présidence du premier Conseil de gouvernement issu de la loi-cadre Deferre. Au référendum du 28 septembre 1958 sur l'adhésion de la Mauritanie à la Communauté française, il fait voter le oui. Principal artisan de l'indépendance de son pays, effective le 28 novembre 1960, il est élu président de la République le 20 août 1961 et sera réélu trois fois : en 1966, 1971 et 1976. Il fut en 1965 l'un des pères fondateurs de l'Organisation de l'unité africaine, dont il assurera la présidence en 1971 et 1972. En 1978, il est renversé par un coup d'État militaire. Emprisonné pendant quinze mois à Oualata, à l'extrémité est du pays, il part ensuite pour un long exil de vingt-trois ans en France. Pendant les décennies 1980 et surtout 1990, il critique, à de multiples reprises, très durement le régime de Maaouya Sid'Ahmed Ould Taya, au pouvoir depuis 1984. En 2001, il négocie avec ce dernier la permission de rentrer au pays contre son engagement de ne pas intervenir dans la vie politique intérieure. Il s'est éteint le 15 octobre 2003. Son décès, précédé de peu par la parution de ses Mémoires, a été l'occasion en Mauritanie de revenir sur le bilan du « père de l'indépendance ».
Moktar Ould Daddah ne croyait pas à la possibilité d'instaurer une démocratie à l'occidentale dans son pays. Il opte rapidement, au contraire, pour une concentration du pouvoir sur la personne du prés […]
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