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CHAZAL MALCOLM DE (1902-1981)

Né à Vacoas (île Maurice), dans une famille franco-mauricienne d'origine forézienne, Malcolm de Chazal n'a quitté son île natale que pour acquérir une formation d'ingénieur à l'université de Baton Rouge, en Louisiane. Entre 1940 et 1945, il publie à Maurice sept volumes de Pensées dans lesquels il trouve peu à peu le ton fulgurant propre à la révélation prophétique. Adressés à de nombreux intellectuels et artistes européens, ces volumes séduisent particulièrement Dubuffet, Jean Paulhan, Francis Ponge, André Breton. Célébré comme un génie à l'état brut, comme un météore poétique surgi des antipodes, Chazal peut faire éditer chez Gallimard les aphorismes surprenants de Sens plastique (1947) et les textes plus discursifs de La Vie filtrée (1949). Les lecteurs d'alors sont fascinés par la méthode poétique de Chazal : une pratique obstinée de la métaphore et de la synesthésie, une systématique de l'analogie qui vise à mettre au jour un système universel de correspondances, à démontrer un processus d'hominisation générale de la nature. Cette poétique, qui tient à la fois de la tradition occultiste et des illuminations des devinettes créoles (les sirandanes), s'épanouit en une théorie de la connaissance fondée sur le refus de tout dualisme et sur ce « sens magique » qu'est l'intuition de l'analogie universelle. Mais L'Homme et la connaissance (1974), qui synthétise la révélation chazalienne, n'a pas suscité la même ferveur.

Replié sur son île, Chazal continue d'y publier des dizaines de volumes et brochures : théâtre (Judas, 1953), exposé de sa pensée (Sens magique, 1956 ; Sens unique, 1974), élaboration d'une étrange mythologie de l'île Maurice (Petrusmok, 1951 ; L'Île Maurice proto-historique, folklorique et légendaire, 1973). Il peint aussi, dans une manière subtilement naïve, et construit à travers ses interventions publiques son personnage d'excentrique, jouant de ses délires à la façon d'un Salvador Dalí insulaire. C'est sans doute Petrusmok qui fournit l'une des clefs les plus importantes pour comprendre la démarche de Chazal. Reprenant les rêveries du Réunionnais Jules Hermann et de quelques autres, cet étrange mythe assure que l'île Maurice est le vestige d'un continent englouti : la Lémurie. Un œil averti découvre dans son relief les montagnes-temples sculptées à la main par les fabuleux géants lémuriens. Ainsi une île du bout du monde devient lieu magique absolu, origine du monde, paradis retrouvé, domaine des fées et de l'enfance maîtresse. Depuis la mort de Malcolm de Chazal, quelques publications posthumes (La Vie derrière les choses, 1985 ; Correspondances avec Jean Paulhan, 1986) montrent qu'il continue de fasciner.

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