Le compositeur qui, le 10 août 1841, à l'âge de quatre-vingt-un ans, écrit un canon mélancolique sur le long énoncé de son nom — Luigi Carlo Salvatore Zanobi Maria Cherubini — reste surtout présent dans les mémoires pour ses violents démêlés, en tant que directeur du Conservatoire de Paris, avec Berlioz : leur différence d'âge est, il est vrai, de près d'un demi-siècle.
Né à Florence, Cherubini a déjà écrit, à seize ans, nombre de compositions religieuses. Après avoir travaillé avec Sarti à Venise, il s'oriente vers le théâtre et, en 1784, présente à Londres sans grand succès quatre opéras. En 1786, il s'installe à Paris, qui restera sa résidence principale jusqu'à sa mort ; il y change sa manière en faveur d'un style dramatique et expressif sur des livrets français, dont la première manifestation est Démophon (1788). En même temps, il éprouve le choc de sa vie (fait d'autant plus remarquable qu'il est italien) en interprétant, en tant que membre de l'orchestre de la loge olympique, les toutes récentes Symphonies parisiennes de Haydn. D'où la vénération qu'il vouera à ce maître, et aussi l'estime dont il bénéficiera de la part de Beethoven : il est, en ef […]
