1. Auteur
Son
Le Chant des oiseaux Clément Janequin (1485 env.-1558) Le Chant des oiseaux (publié en 1528) Madrigal de Prague. Image: Jérôme Bosch (1450 env.-1516), Concert dans un œuf, huile sur panneau. Musée des Beaux-Arts de Lille.
Crédits: Musique: © Koka Media
Image: © Giraudon, The Bridgeman Art Library
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Protégé de Jean de Foix, Janequin fréquente les cercles humanistes, est chanoine et curé dans le Bordelais et gagne l'Anjou en 1533. À plus de soixante ans, il décide d'entreprendre des études universitaires, qu'il achève à Paris, où il finit ses jours. Nommé compositeur ordinaire du roi en 1558, il meurt sans avoir pu profiter des avantages financiers de sa nouvelle charge. Son catalogue comporte bien plus de chansons profanes (250 environ) que de musique religieuse (dont beaucoup de pièces se sont perdues). Sa célébrité est due en partie à ses chansons descriptives comme Le Chant des oiseaux.
2. Genre - Chanson polyphonique française
Influencée par la musique franco-flamande, la chanson polyphonique puise également aux sources de la musique populaire. Elle marque en cela une rupture avec l'inspiration de la «lyrique courtoise» du XVe siècle et se constitue en une forme musicale plus libre que la ballade, le virelai ou le rondeau (les trois formes courantes des chansons des XIVe et XVe siècles), qui vont bientôt tomber en désuétude. Ses thèmes sont plus diversifiés ; l'amour s'y fait plus sensuel, plus «gaulois» ; la farce, ses personnages pittoresques et son univers pénètrent alors la chanson. Le quatuor vocal en est le modèle général.
3. Esthétique
Par sa musique, Janequin magnifie le texte. Compositeur de l'amour, des plaisirs et de la joie, et profitant de la liberté formelle de la chanson, il fait de ce genre un véritable théâtre des émotions, de la nature et de l'humain. Parodique, humoristique, érotique, émouvante, enjouée ou grave, sa musique allie la puissance et la justesse du trait à une imagination poétique et réaliste, haute en couleur.
4. Langage
Dans ses chansons descriptives, Janequin exalte le rythme avant tout. La mélodie y est conçue en cellules brèves usant de l'imitation, passant de voix en voix. La déclamation y est surtout syllabique, et l'emploi d'onomatopées porté à un point de complexité rythmique et de réalisme rarement atteint après lui.
Alain FÉRON
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