Né à Lodz dans une famille d'origine juive totalement polonisée, Kazimierz Brandys passe son baccalauréat et fait ses études à Varsovie. Lorsque, en 1939, il obtient sa maîtrise en droit, l'avenir qui s'ouvre devant lui n'est nullement radieux : il lui faut cacher ses origines. Au sortir de la guerre, il adhère au Parti communiste et devient membre de l'Union des écrivains polonais. Commence pour lui la période de l'engagement fervent pour l'idéal communiste. À part ses livres sur l'occupation nazie où, malgré une certaine lourdeur, vibre un ton juste (Varsovie, ville invincible, 1946 ; Samson, 1948, dont Andrzej Wajda tirera, en 1961, un de ses meilleurs films), c'est essentiellement en tant que membre du parti qu'il s'exprime dans ses premiers écrits, construits pour la plupart selon les canons du réalisme socialiste.
Comme pour beaucoup d'écrivains de sa génération, le réveil vient avec le dégel de 1956. Les romans du Brandys de cette époque-là (La Défense de Grenade, 1956 ; La Mère des Rois, 1957, porté à l'écran en 1987) appartiennent au courant propre à la littérature de l'Europe de l'Est, celui qui entame un « règlement de comptes […]
