Le jeu de go est sans doute le seul jeu de duel et de réflexion qui, par sa complexité et la richesse de sa tradition, puisse être valablement comparé aux échecs. D'origine chinoise comme ce dernier jeu, il s'est surtout répandu au Japon, où encore aujourd'hui se trouvent les plus grands joueurs, qui sont des professionnels.
Le go est l'un des plus anciens jeux connus. Plusieurs légendes chinoises relatent son invention : selon l'une d'elles, l'empereur Shun, qui régna il y a un peu plus de quatre mille ans, inventa le jeu pour développer l'intelligence de son fils Sheng Kien ; selon une autre, un vassal, nommé U, de l'empereur Ketsu l'imagina au xviiie siècle avant J.-C. pour distraire son suzerain. En tout cas, le go était très probablement joué en Chine au début du IIe millénaire avant notre ère.
Dès le iiie siècle avant J.-C., les allusions au jeu se font fréquentes dans la littérature et la poésie chinoises. Un joueur célèbre, nommé Osan, était capable de reconstituer de mémoire une partie jouée par lui (exploit aujourd'hui à la portée d'un bon amateur).
La première date historique importante est celle de l'introduction du jeu au Japon : en l'an 735 de notre ère, l'ambassadeur Kibidaijin le rapporta d'un voyage en Chine ; d'abord aristocratique et réservé au divertissement des courtisans, il se répandit dès le xiiie siècle dans toutes les classes de la société. On rapporte que les samouraïs, au cours des innombrables guerres civiles qui ravagèrent le Japon avant 1603, emportaient leur jeu de go avec eux, jusque sur le champ de bataille. Le jeu exerçait également une grande fascination sur les moines bouddhistes.
En 1603, le shōgun Iyeyasu fonda la Go-in, ou académie de go, chargée de former les meilleurs joueurs qui consacreraient toute leur vie au go. Les quatre plus brillants joueurs de l'époque furent les quatre premiers professeurs : outre Honinbo Sansha (à qui le shōgun avait confié la direction de l'académie), il y avait Hayashi, Inouye et Yasui. Chacun adopta son meilleur élève, qui lui succéda. Ainsi, j […]
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