Jean-François Lamour, né le 2 février 1956, demeure sans doute le meilleur spécialiste français du sabre. Après sa carrière, il s'investira dans le mouvement sportif international et en politique.
Jean-François Lamour s’initie à l’escrime, dès l'âge de huit ans, dans la salle d’armes de Maisons-Alfort auprès du maître d'armes Augustin Parent. En 1977, il obtient son premier titre de champion de France. En 1982, le directeur technique national, Jean-Michel Opprendek, fait appel à l’entraîneur hongrois Laszlo Szepesi pour donner une nouvelle impulsion au sabre français, seule discipline de l’escrime dans laquelle les Tricolores ne brillent pas. Les résultats vont suivre. Néanmoins, lorsque Jean-François Lamour est couronné champion olympique de sabre individuel, en battant en finale l'Italien Marco Marin (12-11, à l’issue d’un assaut plein de rebondissements), à Los Angeles en 1984 – il est le premier Français à obtenir ce titre depuis Georges de La Falaise en 1900 –, la valeur de sa victoire est quelque peu sous-estimée en raison du boycottage des pays de l'Est, entraînant, notamment, l'absence des représentants de l'école hongroise, mais aussi des Russes et des Polonais. Jean-François Lamour, associé à Pierre Guichot, Hervé Granger-Veyron, Philippe Delrieux et Franck Ducheix, obtient également la médaille d’argent de l’épreuve par équipes à Los Angeles.
Ses qualités ne seront vraiment reconnues que quand il obtiendra le titre mondial, en 1987 (face au Hongrois Gyögy Nebald), puis, surtout, lorsqu'il confirmera son titre olympique en 1988 à Séoul, en dominant nettement le Polonais Janusz Olech (10-4) en finale. Il se retire en 1992, après avoir obtenu à Barcelone une médaille de bronze dans l'épreuve individuelle, remportée par le Hongrois Bence Szabo, ainsi que dans la compétition par équipes.
Jean-François Lamour entre en politique en 1995, appelé par Jacques Chirac comme chargé de mission à l’Élysée. En mai 2002, il est nommé ministre des Sports dans le gouvernement formé par Jean-Pierre Raffarin. De 2004 à 2007, il est ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative. Vice-président de l’Agence mondiale antidopage (A.M.A.) en 2006, il était pressenti pour en devenir le président, mais préféra, en octobre 2007, renoncer à se porter candidat en raison de différends internes à l’A.M.A.
Pierre LAGRUE
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