Second fils de Laurent, Jean de Médicis ne perdra jamais de vue les intérêts financiers et politiques de sa famille ; de même, il demeurera profondément marqué par la culture humaniste de sa ville natale, Florence. Pourvu dès 1487 d'importants bénéfices ecclésiastiques, cardinal à treize ans, il n'arrivera jamais à concevoir les charges d'Église comme des responsabilités à exercer mais plutôt comme des honneurs et profits à recevoir ou distribuer.
Bien qu'ayant contribué, moyennant d'ailleurs une contrepartie financière, à l'élection d'Alexandre VI Borgia (1492), il perd vite la faveur du nouveau pape et doit s'exiler après l'effondrement de la seigneurie de Florence (1494). Trois ans durant, il voyage à travers l'Italie, l'Allemagne, les Pays-Bas, la France, acquérant ainsi une riche expérience de la politique européenne. En 1503, la mort de son frère Pierre fait de lui le chef de la famille des Médicis, tandis que l'élection du pape Jules II ouvre à son jeu politique des possibilités qu'il sait exploiter pour rétablir l'autorité de sa maison sur Florence (1512). Sa position personnelle est devenue suffisamment forte pour qu'aucune tractation simoniaque ne soit nécessaire à son élection pontificale (11 mars 1513).
Homme pieux mais superficiel, plus manœuvrier qu'énergique, encombré de soucis d'argent, enfermé dans ses préoccupations familiales, Léon X ne perçoit pas la gravité des problèmes religieux de son temps. S'il reprend et mène à terme (1517) le Ve concile du Latran réuni par son prédécesseur, il ne saisit pas l'occasion ainsi offerte de répondre aux désirs de réforme qui émergent en divers lieux et il contribue même par sa politique personnelle de faveurs et de dépenses de prestige à maintenir les abus que dénoncent les décrets conciliaires contresignés par lui. Comment pourrait-il soupçonner les enjeux de la crise déclenchée par Luther ? Du moins est-ce un théologien de valeur, Thomas de Vio dit Cajetan, qu'il délègue à la diète d'Augsbourg (oct. 1518) pour y rencontrer le professeur de Wittembe […]
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