L'artiste Jan Dibbets, né à Weert, aux Pays-Bas, appartient à la génération des peintres-photographes qui, à la fin des années 1960, estiment que la peinture dans laquelle ils se sont engagés conduit à une impasse. Ils se tournent alors vers la photographie, medium qui répond mieux aux exigences de la sensibilité contemporaine. Moyen, mais non fin en soi, la photographie apparaît comme l'instrument idéal pour élargir le champ d'investigation de l'art. Jan Dibbets s'inscrit dans la lignée de la tradition hollandaise, celle d'un Vermeer, d'un Saenredam, ou d'un Mondrian : le paysage, le travail sur le motif, la représentation à travers la perspective, le cadrage, la notion de point de vue, tels vont être les grands axes de sa démarche.
Les Corrections de perspective (1967-1968) sont les premiers travaux connus de Dibbets. Des figures géométriques (trapèzes, carrés, rectangles) sont tracées au sol (herbe ou plancher) et sont photographiées de manière à être vues en plan et non en perspective : Perspective Correction Rectangle with 1 Diagonal (1967, Kroller-Muller Museum, Otterlo). Viennent ensuite les travaux séquentiels : juxtaposition de plans photographiques successifs. Ainsi la belle série des Panoramas : des paysages, surtout des bords de mer, sont photographiés avec un appareil qui à chaque fois pivote de quelques degrés sur un axe fixe. Les photographies (noir et blanc ou en couleurs) sont ensuite assemblées côte à côte, selon une droite ou une courbe, avec le dessin des angles de visée. Dibbets les appelle ironiquement les Dutch Mountains, en raison de l'effet vallonné et sinueux obtenu : Panorama Dutch Mountain/Sea, II, A (1971, Tate Gallery, Londres) ou Comet Horizon 60-720 (1973, Musée national d'art moderne, Paris).
À partir de 1974, le travail de Dibbets perd son caractère analytique et conceptuel pour devenir plus sensible et plus plastique. Prendre plaisir à voir et à montrer importe plus que démontrer. C'est la série des Structure Pieces, dont font partie les études sur les reflets aquatiques, […]
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