Orphelin de bonne heure, le poète russe Annenski, critique littéraire, traducteur, est élevé à Saint-Pétersbourg par son frère aîné Nicolas, économiste et journaliste célèbre. En 1879, il achève des études de linguistique comparée et enseigne les langues et littératures classiques. Après un bref séjour à Kiev (1890-1893), il revient à Saint-Pétersbourg et s'installe à Tsarskoïe Selo comme directeur de lycée (1896). Pour avoir protégé des lycéens mêlés à l'agitation révolutionnaire, il est révoqué et nommé inspecteur d'académie. Il meurt d'une crise cardiaque. À ses funérailles assistèrent de très nombreux lycéens et étudiants.
Accablé par ses fonctions administratives, Annenski consacre ses loisirs à la littérature. Esprit érudit, travailleur, discret et modeste, il accomplit un effort considérable pour perfectionner son langage poétique notamment grâce à ses études de philologie, à des articles sur les écrivains russes, à ses traductions de poètes antiques et modernes. Il traduit des tragédies d'Euripide, des poésies d'Horace, de Heine, de H. Müller mais surtout de parnassiens et de symbolistes français : Baudelaire, Leconte de Lisle, Verlaine, Sully Prudhomme, Rimbaud, M […]
