Poète ṣūfi. Si l'on excepte deux pèlerinages qu'il a faits à La Mecque, ‘Umar b. Alī (Sharaf al-dīn) Abū l-Qāsim al-Miṣrī al-Sa‘di Ibn al-Fāriḍ mène une vie de retraite sur les collines voisines du Caire, ville où il est né et dans laquelle il revient à la fin de sa vie. « D'une magnifique indépendance de caractère, assez riche, matériellement, pour ne quémander la protection d'aucun mécène, il s'enferma dans une mise à part distante et hautaine, n'ayant d'autre souci que la recherche amoureuse de l'Essence divine » (G.-C. Anawati et L. Gardet, Mystique musulmane. Aspects et tendances, expériences et techniques, 1961). Al-Fāriḍ est l'auteur de deux grands poèmes mystiques : L'Éloge du vin (Khamriyya) et le Nazm al-Sulūq ou Poème du progrès.
Nous avons bu à la mémoire du Bien Aimé un vin qui nous a enivrés avant la création de la vigne / Notre verre était la pleine lune, lui, il est un soleil ; un croissant le fait circuler. Que d'étoiles resplendissent quand il est mélangé. / Sans son parfum, je n'aurais pas trouvé le chemin de ses tavernes. Sans son éclat, l'imagination ne le pourrait concevoir.
Ces trois vers do […]
