L'écrivain américain Hubert Selby Jr est né en 1928 à Brooklyn. Il est d'ascendance anglaise : ses ancêtres se sont établis en Amérique dès le xviie siècle. Il a dû être, plaisantait-il, le seul « Anglais » de tout Brooklyn – une autre forme de survivance. Originaire du Kentucky, son père, orphelin, a travaillé à treize ans dans les mines avant de s'engager dans la marine marchande.
Selby a seize ans lorsqu'en 1944 il s'engage à son tour, en trichant sur son âge, dans la marine marchande. Il connaît la fin de la guerre dans les ports d'Europe et contracte la tuberculose. On lui donne « deux mois à vivre ». Suivent quatre ans d'hospitalisation. Au terme de multiples opérations, il ne lui restera plus, en guise de poumons, qu'une « pierre noire », à peine de quoi respirer. Et, comme le personnage de L'Homme au bras d'or de Nelson Algren (1949), Selby est passé de la morphine médicale à l'héroïne. Cette addiction durera vingt ans.
Dans les années 1950, il vit dans le bas Manhattan qui fut le milieu beat « d'avant la route ». À partir de 1956, il commence à écrire les nouvelles dont le cycle formera Last Exit to Brooklyn, que publie […]
