Élève de l'École des mines, puis ingénieur, Fayol devient, en 1888, directeur général d'un grand groupe minier et métallurgique. Frappé par les insuffisances que présente l'organisation du travail dans ce groupe, il s'attache à définir de nouvelles règles de gouvernement de l'entreprise et livre, en 1916, ses réflexions dans Administration industrielle et générale, prévoyance, organisation, commandement, coordination, contrôle. Dans cette œuvre où l'accent est mis sur l'organisation plus que sur la tâche, sur l'ensemble plus que sur le détail, l'approche comporte en fait deux volets. On a, d'une part, une description abstraite des éléments d'une organisation formelle se traduisant par un organigramme. On a, d'autre part, l'indication des règles de conduite pratique que résume la formule célèbre « diriger c'est prévoir, organiser, commander, coordonner, contrôler ». L'accent mis sur la structure hiérarchique de l'entreprise et sur les qualités du chef a sa contrepartie positive dans la croyance qu'un commandement humanitaire améliore le moral et la stabilité de la main-d'œuvre et il a comme contrepartie une méfiance à l'égard de la négociation collective et de l'intervention étatique, sources de perturbations. Le fayolisme, ainsi qu'on l'a parfois désigné, a conduit, dans un effort de rationalisation des activités de l'entreprise, à distinguer six fonctions : administrative, technique, commerciale, financière, comptable et de sécurité ; privilégiant la première de ces fonctions, Fayol devait voir dans la « capacité administrative » l'une des principales qualités du chef et préconiser la création d'instituts administratifs préparant aux fonctions directoriales.
Guy CAIRE
Retour en haut



