Romancier français, Henri Bosco trouvera tous les thèmes de son œuvre dans sa Provence natale. Cependant, il vient tardivement à la littérature, après avoir longtemps enseigné au Maroc où il se fixe définitivement. Il y dirige une revue, Aguedal, qui réunit quelques poètes locaux. Son premier roman, Pierre Lampedouze, paraît en 1924 ; il exprime toute la vigueur du Midi. La nature y est présente comme une puissance occulte et vaguement inquiétante. L'Âne Culotte (1937) mêle avec bonheur ce mystère, ou ce sens de la légende, à une poésie simple, presque enfantine. On voudrait évoquer à son propos la tradition du conte populaire. Mais la dimension du secret devient parfois pesante, quand il confine à la superstition ou au mysticisme. Bosco retrouve si bien l'âme paysanne dans ses multiples croyances que la simplicité de son évocation de la nature vient à s'y perdre. Le Mas Théotime (1945) place dans un décor rustique une intrigue sentimentale que le mystère même de la nature suffit à rendre oppressante. Aussi est-il difficile d'admettre avec l'écrivain que cette existence paysanne puisse mener à la sagesse, celle-là même qui fait défaut à notre […]
