Au début du xxe siècle, quelques compositeurs américains vont tenter de s'affranchir de l'influence de la tradition européenne en remettant en question le matériau sonore et en créant un univers musical inouï. Carl Ruggles (1876-1971), Henry Cowell (1897-1965), George Antheil (1900-1959) ou Harry Partch, dont les traits communs sont l'éclectisme de la pensée, la réflexion expérimentale et la puissance novatrice, appartiennent à cette première avant-garde américaine.
Né à Oakland (Californie) le 24 juin 1901, Harry Partch passe une grande partie de son enfance dans les États du Sud-Ouest (Arizona et Nouveau-Mexique), où il s'imprègne d'influences aussi diverses qu'inattendues : berceuses et chants folkloriques, musiques mexicaines, africaines, orientales, danses et chants des Indiens d'Amérique, notamment Yaqui... Il entame des études de musique classique, qu'il abandonne rapidement. Âgé d'à peine vingt ans, Partch, qui s'est établi à San Francisco, est pleinement conscient de sa vocation de compositeur, mais il sait aussi qu'il ne mettra jamais les pas dans les traces de ses aînés. Il veut inventer un langage nouveau, explorer des terres musicales incon […]
