Considéré par un grand nombre de ses contemporains comme le magistrat le plus éloquent du siècle, Guillaume Du Vair fut un des représentants caractéristiques de son époque, de toute une tradition d'hommes de loi que leur culture latine et grecque amenait à une forme de philosophie du droit. Les charges qu'il occupa le placèrent toute sa vie à mi-chemin du juridique et du politique : conseiller au parlement de Paris, maître des requêtes de Henri IV, président du parlement de Provence, il acheva sa carrière sous Louis XIII comme garde des Sceaux, et fut, en outre, sacré évêque de Lisieux en 1617. Les guerres de Religion n'offraient à ce juriste qu'un parti, celui de l'État, c'est-à-dire de la royauté, et les Exhortations à la paix et autres « harangues » le font ranger dans le parti tiers, celui auquel on a donné le nom de parti des « Politiques » et qui regroupa la plupart des humanistes. Ses œuvres nombreuses ont d'ailleurs été publiées sous le titre global d'Œuvres politiques, morales et meslées.
La volonté constante d'introduire et de faire régner la morale dans la politique est manifestée avec force et une certaine naïveté tout au long de ses écrits. T […]
