Commerçant et banquier, agent à Anvers d'Édouard VI, roi d'Angleterre, Gresham est le fondateur du Royal Exchange (Bourse de commerce) de Londres. Spécialiste des questions de change, il a donné son nom à la loi, dite de Gresham, qui s'énonce généralement sous cette forme : « La mauvaise monnaie chasse la bonne. » Plus exactement, cela veut dire que, lorsque deux monnaies liées par un rapport fixe d'échange circulent concurremment dans un même pays, si l'une s'apprécie par rapport à l'autre, la plus appréciée tend à disparaître de la circulation ; la raison en est que la monnaie qui a le pouvoir libératoire le plus élevé tend à être réservée au paiement des dettes à l'étranger et à la thésaurisation intérieure. Au xixe siècle, à l'époque du bimétallisme (or-argent), cette loi a été souvent invoquée. Elle l'a été aussi dans les périodes de troubles monétaires pour expliquer la disparition de l'or devant le papier-monnaie inconvertible.
Bien que cette loi ait été attribuée à Gresham par MacLeod qui s'en servit pour dénoncer les dangers du bimétallisme, on s'accorde toutefois à reconnaître que cette notion lui est antérieure et qu'on la trouve déjà chez Aristophane, dans sa comédie Les Grenouilles, puis chez Copernic, Davanzati et Oresme, le précepteur de Charles V.
Bernard DUCROS
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