Au sens large, la génération postérieure à la Première Guerre mondiale ; mais, de façon plus précise, le groupe d'écrivains américains parvenus à l'âge adulte pendant la guerre et qui bâtirent leur réputation littéraire au cours des années vingt. Le terme a pour origine une remarque faite par Gertrude Stein à Ernest Hemingway : « Vous êtes tous une génération perdue. » Hemingway
en fit l'épigraphe de son roman Le soleil se lève aussi (The Sun also Rises, 1926). Cette génération était « perdue » en ce sens qu'elle avait hérité de valeurs qui n'étaient plus d'usage dans le monde d'après-guerre ; elle souffrait de l'aliénation spirituelle des États-Unis qui, somnolant sous la politique de « retour à la normale » du président Harding, lui paraissaient incurablement provinciaux, matérialistes, vides d'émotion. Le terme peut s'appliquer à Hemingway, à Cummings, à Fitzgerald
, à Dos Passos, aussi bien qu'à de nombreux autres écrivains qui firent du Paris de l'époque le centre de leurs activités littéraires. Ils ne constituèrent jamais une école. Les mêmes problèmes les unissaient pourtant : découvrir de nouvelles valeurs et un nouveau langage artistique capable de les exprimer — autant de buts qu'ils atteignirent chacun à sa manière.
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Ernest Hemingway correspondant de guerre Le journaliste et romancier américain Ernest Hemingway (1899-1961). Correspondant de guerre en Europe durant la Seconde Guerre mondiale, il rédige ici le texte d'un reportage, en 1944.
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Scott Fitzgerald en famille Le romancier américain Francis Scott Fitzgerald (1896-1940), son épouse Zelda et leur fille, dans les années 1920.
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Au cours des années trente, ces écrivains prenant des directions différentes, leurs œuvres perdirent la marque distinctive de l'immédiat après-guerre. Les derniers ouvrages représentatifs de cette époque furent Tendre est la nuit (Tender Is the Night, 1934), de Fitzgerald, et La Grosse Galette (The Big Money, 1936), de Dos Passos.
Jean-Paul MOURLON
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