4. Le collage musical
Créée au festival Présences en 1999, Frankenstein Symphonie est un véritable « pot-pourri » puisque cette œuvre hétéroclite en quatre mouvements découpe, colle et assemble « quelques organes morphologiques sur les œuvres de vingt-deux amis compositeurs ». L'intérêt de cette pièce réside dans sa grande logique formelle et son réel effort de construction. C'est la citation, pratique très ancienne, qui est la base de cette pièce, véritable commentaire sur un objet trouvé. Tous les souvenirs qui hantent Dhomont affluent ici. Contrairement à de nombreux compositeurs, qui citent généralement leurs aînés, Dhomont cite des compositeurs plus jeunes que lui et qui, pour la plupart, ont été ses élèves. Il ne peut s'agir, comme c'est souvent le cas, d'un hommage à la tradition, d'une volonté de s'insérer par cet exercice dans une continuité, c'est-à-dire dans l'histoire. Cependant, la pratique de la citation peut être interprétée comme un moyen pour le compositeur de devenir la mémoire de son temps.
Si nombre de compositeurs furent attirés par le travail électroacoustique, ils ressentirent vite le besoin de rompre avec l'isolement du studio et de réintroduire dans leur création un élément vivant – le contact avec l'instrumentiste –, en réaction contre la fixité de la bande et l'impression de froideur du son ainsi élaboré. À la fin des années 1950, l'œuvre mixte fait cohabiter des enregistrements quasi bruts et des parties instrumentales. Francis Dhomont s'en est tenu à la pratique acousmatique pure. Il n'a pas écrit d'œuvres mixtes, ni même fait appel à des dispositifs électroacoustiques manipulés en direct. L'acousmatique trouve sa justification non pas dans la pratique compositionnelle mais dans l'écoute : « Ce qui est acousmatique, c'est l'écoute que nous avons des œuvres et non les œuvres écoutées », affirme-t-il.
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