La Règle de saint Benoît (première moitié du vie siècle) encadre tous les monastères d'Occident au cours du premier millénaire. Après la décadence des temps mérovingiens, Benoît, abbé d'Aniane, près de Montpellier, au début du ixe siècle, restaure la vie monastique bénédictine, mais c'est de nouveau l'anarchie à la fin du siècle. La fondation de l'abbaye de Cluny en Mâconnais, en 909, par Guillaume d'Aquitaine remet en valeur les grands principes de la règle bénédictine : élection libre de l'abbé, indépendance à l'égard des princes et des évêques, primauté de la prière et de la liturgie. L'abbaye affirme sa dépendance directe du pape, dont elle valorise ainsi la fonction. Toutes les abbayes fondées ou réformées par Cluny restent sous l'autorité de son abbé. Aux xie et xiie siècles, l'abbaye est devenue la tête d'un ordre qui essaime dans toute l'Europe. À ses plus beaux jours, l'« État clunisien » compte cinquante mille moines. Cluny joue un rôle important dans la civilisation médiévale : épanouissement de l'art roman, reconquista espagnole...
Photographie
Saint Benoît de Nursie Saint Benoît ressuscite un frère écrasé par la chute d'un mur lors de la construction du monastère du Mont-Cassin. Spinello Aretino, fresque du cycle sur la vie de saint Benoit, après 1387. Sacristie de l'église San Miniato al Monte, Florence.
Crédits: Rabatti - Domingie/ AKG Consulter
Jean-Urbain COMBY
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