Bavarois, officier de métier, plusieurs fois blessé pendant la Première Guerre mondiale (mutilé de la face), esprit politique pénétrant et remarquable organisateur, Ernst Röhm sert en 1919 dans le corps franc de von Epp puis devient membre de l'état-major de la Reichswehr en Bavière. C'est là qu'il fait la connaissance de l'« homme de confiance », Adolf Hitler. Comme presque tout le monde, il est frappé par le génie oratoire du jeune agitateur et lui ménage les premiers contacts avec les dirigeants politiques et militaires de la Bavière. Membre du Parti ouvrier allemand d'Anton Drexler, Röhm y amène Hitler et un grand nombre d'adhérents nouveaux — amis personnels ou officiers de la Reichswehr — et lui accorde son appui lors de la transformation du Parti ouvrier allemand en Parti national-socialiste ouvrier allemand, puis lors de la mise sur pied de la SA (Sturmabteilung, section d'assaut). En novembre 1923, Röhm, qui a pris la tête d'une ligue nationaliste — dont le porte-drapeau est Heinrich Himmler —, participe à la tentative de putsch à Munich en s'emparant du ministère de la Guerre. Condamné avec sursis, il tente de rassembler les débris de ses groupes nationalistes […]
