Né en 1921 à Naples, Domenico Rea passe une grande partie de sa jeunesse à Nocera Inferiore (la Nofi mythique de ses romans et de ses nouvelles), petite ville située à une trentaine de kilomètres de Naples. Élevé dans un milieu très modeste, il voit émigrer en Amérique une bonne partie de sa famille et ignore longtemps ce qu'est un livre : “Nous étions tous destinés à des métiers serviles.” À treize ans environ, l'adolescent vole deux ouvrages à la foire de Salerne : l'Histoire de la littérature de De Sanctis et les Operette morali de Leopardi. Pour lui, c'est une révélation, la découverte des grands écrivains — en particulier les conteurs italiens de la Renaissance et les classiques russes et français. Coursier dans un atelier typographique, ouvrier pendant six mois aux Cotonneries méridionales de Nocera Inferiore, il publie son premier recueil de nouvelles, Spaccanapoli, en 1947, chez Mondadori. C'est un succès immédiat : “Nous vîmes brusquement un monde de phosphore et de sang, de masques railleu […]

