Montagne de Syrie, située dans le prolongement du Liban, parallèle au littoral méditerranéen, le djābāl (djebel) Alaouite ou Anṣarieh ou Nossaïri (du nom de la secte musulmane dissidente shī‘ite qui l'occupe en majeure partie) s'étend sur 110 kilomètres de long et environ 25 kilomètres de large. Il est constitué d'une voûte anticlinale calcaire qui s'élève lourdement à l'ouest (en laissant une étroite plaine côtière, sauf au centre) jusqu'à plus de 1 000 mètres (1 583 m au Nebi Younès) et retombe par un grand abrupt faillé sur le fossé du Ghab. On peut lui annexer, au sud-est, le massif basaltique du djebel qui lui est soudé. Végétation méditerranéenne ; restes de forêt (sapins, cèdres) en altitude. Les conditions naturelles, bien que semblables à celles du Liban, sont moins favorables : moins de bons sols, moins de sources, compartimentage divisant le pays en cellules trop isolées. Mais les conditions humaines ont fait du djebel un pays isolé : les minorités, qui y ont trouvé refuge depuis le xie siècle, alaouites et, au centre, ismaéliens, étaient méprisées et coupées sociologiquement des musulmans orthodoxes, et bien sûr de l'Occident chrétien : les villes et les bourgades de la côte leur ont été fermées jusqu'au début du xxe siècle.
Les montagnards pratiquent une médiocre polyculture méditerranéenne (blé, orge, légumineuses, vigne, olivier et figuier) sur des champs en terrasses. La forte densité et les maigres ressources en font une région d'émigration : les alaouites, dont le pays a constitué à l'époque du mandat français un État séparé, ont pris l'habitude de s'engager dans l'armée syrienne qu'ils dominent ; de plus en plus, les alaouites colonisent les plaines périphériques (littoral, Ghab, Akkar). Le djebel possède des forteresses datant de l'époque des croisades (Sahyoun, Markab, le Krak
, etc.).
Photographie
Château du Krak des chevaliers, Syrie Occupé par les Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem aux XIIe et XIIIe siècles, le Krac des chevaliers fut l'une des plus imposantes forteresses des croisés en Terre sainte.
Crédits: Istituto Geografico De Agostini Consulter
Jean-Marc PROST-TOURNIER
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