Proche des anabaptistes, dont il s'éloigne cependant par son mysticisme, Denck apparaît, à bien des égards, comme un précurseur de la libre-pensée. En butte à l'animosité de tous les partis, il dégage de son propre scepticisme une attitude chrétienne débarrassée de la rigueur des dogmes et fondée sur le respect mutuel des individus. Relevant les multiples contradictions de la Bible, il en vient à souhaiter que Dieu se manifeste en lui afin de lui accorder cette foi sans laquelle toute religion est lettre morte. Une des raisons de la persécution qui l'atteindra sa vie durant tient à sa thèse : « Là où est la foi, il n'y a pas de péché ; là où il n'y a pas de péché demeure la vertu divine. »
Né à Habach (Haute-Bavière), Hans Denck entre à dix-sept ans à l'université d'Ingolstadt. Il poursuit ses études à l'université de Bâle et se perfectionne en latin, grec et hébreu, tout en travaillant comme correcteur dans une imprimerie. L'influence d'Érasme se mêle à son attrait pour la mystique allemande et pour les thèses de Thomas Münzer. À l'initiative d'Œcolampade, il est nommé, à vingt-trois ans, recteur de l'école Saint-Sebald à Nuremberg. Il se marie et compte parmi les notables de la ville, bien que son indépendance d'esprit irrite les milieux luthériens, Osiander en particulier.
Mis en cause dans l'affaire des « trois peintres sans Dieu », pour les propos tenus avec l'un des artistes impies, il comparaît devant le conseil de la cité, qui exige de lui une confession de foi. Denck rédigera en deux fragments successifs des aveux d'une grande sincérité. Il constate que, examinant la foi en laquelle il a été éduqué, il doit admettre qu'il s'agit là d'une foi fictive, « parce que cette foi n'a pas triomphé de ma pauvreté spirituelle, de mon inclination à pécher, de ma faiblesse et de mon état maladif [...]. Je ne m'aventurerai pas à prétendre que je possède maintenant la foi qui se traduit elle-même dans la vie, bien que je voie clairement que mon incroyance ne peut continuer […]
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