Les Grandes Vacances, le chapitre qu'il consacre à l'univers mystérieux de l'enfance, est certainement le plus connu de l'œuvre de Bernard Faucon. Sans doute est-il aussi représentatif du parcours buissonnier d'un photographe que tout captive sans qu'il se laisse enfermer dans une forme donnée. Né en 1950 à Apt, le jeune Bernard Faucon suit des études de philosophie et de théologie qui le conduisent en 1974 à la maîtrise. Peu séduit par la carrière d'enseignant qui l'aurait attendu après l'agrégation, il se lance dans la vente de mannequins de vitrines des années 1950 récupérés dans les remises de magasins de mode enfantine. Ces objets suscitent bientôt des saynètes photographiques réalisées dans le Luberon natal avec la participation d'enfants devenus acteurs parmi ces figurants de plâtre. Une première exposition à la galerie Loplop, dans le Ve arrondissement de Paris, révèle la sensibilité d'un jeune auteur inspiré par la nostalgie des jeux et des rêves, et marque le départ d'une carrière bien accueillie par la critique. Au lieu d'exploiter son succès, Bernard Faucon met en 1981 un terme à la série, comme il le fera pour chacun de ses travaux dès lors qu'ils occupent une place visible sur le marché de l'art. La série L'Évolution probable du temps, paysages déserts du Luberon brûlés de soleil ou traversés de signes poétiques, précède le travail intérieur des Chambres, qui montre des pièces vides, oubliées ou délabrées que la nature et les éléments s'approprient. De 1984 à 1988, Faucon construit une demeure imaginaire en plusieurs sections : les Chambres d'amour où l'enfance, ses jouets et ses fantasmagories s'invitent parfois pour ne plus revenir dans les Chambres d'hiver, jusqu'aux Chambres d'or, enceintes mystiques incandescentes dont est extraite la photographie du Petit Bouddha. Les douze diptyques des Idoles et sacrifices (1989-1991) associant des bustes d'adolescents éblouis d'une lumière d'incendie et des paysages maculés de rouge sont les dernières mises en scène de personnages, au […]
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