Fils d'un banquier parisien, Enfantin, après des études à l'École polytechnique dont il démissionne en 1815, devient négociant en vins, puis, ayant voyagé en Allemagne et aux Pays-Bas, banquier à Saint-Pétersbourg. Ayant été présenté à Saint-Simon, il en devient l'un des plus ardents disciples. Il participe à la fondation des journaux Le Producteur (1825) et Le Globe (1830), et y développe les idées économiques de Saint-Simon. Il publie à la même époque Économie politique et politique saint-simonienne (1831). Nommé en 1828, avec Bazard, Père suprême du collège saint-simonien, il tend à transformer celui-ci en monument religieux. En 1831, le conflit éclate entre les deux Pères suprêmes : alors que Bazard encourage la formation d'un mouvement politique, Enfantin n'envisage qu'une révolution morale et sociale. Bazard s'étant retiré, suivi peu après par ses partisans, le Père Enfantin dirige seul, désormais, le mouvement saint-simonien qui prend le visage d'une secte. En 1833, il emmène avec lui quarante anciens pour faire retraite à Ménilmontant. La communauté se dissout après que le gouvernement eut intenté un procès aux chefs saint-simoniens pour association illicite et outrage aux mœurs : Enfantin est alors condamné à un an de prison. À sa sortie de Sainte-Pélagie, il se rend en Égypte (1833-1837), mais ses projets de grands travaux (percement de l'isthme de Suez) n'intéressent guère Mohammed-Ali. À la suite d'un séjour en Afrique du Nord, il publie La Colonisation de l'Algérie (1843). Engagé dans la recherche de la Mère suprême, n'acceptant aucune remise en cause de son autorité sur le mouvement, Enfantin ne peut cependant éviter la diaspora des saint-simoniens. Son interprétation de la doctrine de Saint-Simon, dont il occulte les éléments proprement politiques, lui fait ignorer le mouvement socialiste qui se développe alors. Son intérêt est tourné vers les perspectives de développement industriel, dont il attend la solution des problèmes sociaux : directeur de la Compagnie de la ligne de Lyon en 1845, il œuvre à la fusion des lignes de chemin de fer entre Paris et Marseille, et se trouve donc à l'origine du futur réseau P.L.M. ; en 1846, il crée la Société d'étude pour le canal de Suez. Sous la seconde République, il soutient Cavaignac et approuve le coup d'État du prince-président le 2 décembre 1851. À la fin de sa vie, il se consacre à la préparation de l'édition autorisée des œuvres de Saint-Simon, à laquelle il joint ses propres ouvrages (elle paraîtra en 47 volumes de 1865 à 1878).
Universalis
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