Après avoir été reçu en 1936 major au concours de l'agrégation de droit (section économie politique), André Piettre inaugura sa carrière universitaire à Strasbourg, en 1937. Fait prisonnier lors de la défaite de 1940, il fut rapatrié sanitaire à la fin de 1942 et enseigna à Clermont-Ferrand (où s'était repliée l'université alsacienne), de 1943 à novembre 1945. La paix le ramena à sa première chaire, et il fut élu en 1952 doyen de la faculté de droit et des sciences économiques de cette grande université de l'Est. Il enseigna ensuite à Paris de 1953 à sa retraite en 1976. Entre-temps, l'Académie des sciences morales et politiques l'avait accueilli en 1971.
On peut résumer la vie et l'œuvre d'André Piettre par une remarque de Stuart Mill : “Un économiste qui ne serait qu'économiste serait un bien médiocre économiste.”
En effet, toutes ses réflexions, l'ensemble de ses écrits ont été marqués par un profond humanisme chrétien et par sa passion pour l'histoire des civilisations. Mais l'“appel au réel” — un effort de connaissance des faits économiques et des politiques qu'ils ont suscitées — restera le leitmotiv constant de sa pensée, son approche personn […]
