Né le 15 mars 1898 à Paris, A.-J. Festugière fit ses études aux lycées Condorcet et Louis-le-Grand, s'ouvrant ainsi les portes d'une brillante carrière universitaire dont il parcourut avec beaucoup de succès les traditionnelles premières étapes : l'École normale supérieure (1918), l'agrégation (1920), les Écoles françaises de Rome (1920-1921) et d'Athènes (1921-1922). Mais, en 1923, lors d'une visite à son oncle à l'abbaye bénédictine de Maredsous, il se sentit irrésistiblement appelé à la vie monastique. L'année suivante, il entre au noviciat des dominicains au Saulchoir en Belgique. Désormais deux idéaux, difficilement conciliables, exerceront sur lui une puissante attraction : la spiritualité du paganisme antique, qui l'avait séduit dès sa jeunesse, et le message évangélique, vécu dans la communauté des Frères dominicains. Cette tension, ce déchirement entre ces deux amours,-auxquels correspondaient aussi deux formes de vie — celle du savant, celle du moine —, ce sera la grande souffrance, peut-être même le drame, de la vie d'A.-J. Festugière.
Son premier grand ouvrage, qu'il publie en 1932, à l'âge de trente-quatre ans, sous le titre L'Idéal religieux des Grecs et […]
