André Bareau a été la totale incarnation des vertus que requiert l'étude approfondie du bouddhisme et de celles qu'elle est susceptible d'apporter en retour. Né en 1921 à Saint-Mandé, il passa à dix-sept ans le concours de l'école normale d'Auteuil et s'y prépara au métier d'instituteur, mais son attirance pour la philosophie allait le conduire dans une voie différente. L'intérêt qu'éveilla bientôt en lui la pensée indienne l'entraîna vers l'apprentissage du sanskrit et du pāli et, par la suite, selon la solide tradition qui s'était établie dans notre pays depuis le xixe siècle, vers celui de ces autres langues essentielles pour l'approche historique du bouddhisme que sont le chinois et le tibétain. Il ne négligea pas non plus celui du japonais, que rendent si utile tant de travaux fondamentaux. Ses maîtres principaux furent Jean Filliozat et Paul Demiéville, et l'on voit à travers son œuvre, si riche en développements neufs, le lien qui n'a cessé de le rattacher à eux. Pour reprendre une expression fameuse, on dira qu'il fut celui à qui fut “transmise la lampe” qu'eux-mêmes avaient reçue des mains de Sylvain Lévi. Pourtant, dès son second ouvrage, intitulé < […]
