Le photographe Disdéri a souffert de la comparaison un peu injuste entre son œuvre et celle de son contemporain et concurrent, le célèbre portraitiste Nadar. On lui reprochait en effet d'avoir abaissé la pratique du portrait photographique au rang d'une fructueuse opération commerciale et d'avoir ainsi délibérément galvaudé l'esthétique du genre. Une telle interprétation était trop réductrice, et désormais l'œuvre de Disdéri est analysée selon de nouveaux critères d'appréciation.
Disdéri est né à Paris. En 1848, il ouvre un premier atelier de photographie à Rennes. Il s'installe à Paris en 1854 et ouvre au 8, boulevard des Italiens le plus grand studio de photographie de la capitale. En novembre de la même année, il dépose un brevet pour un nouveau type de portrait, qu'il dénomme « carte de visite ». Il s'agit d'un portrait de format réduit (6 cm × 9 cm), le portrait-carte, obtenu au moyen d'une chambre spéciale munie de quatre ou six objectifs. Cette chambre permet d'obtenir, en une seule pose, quatre ou six portraits identiques du même modèle. Si l'on y adjoint un châssis mobile permettant de faire glisser la plaque sensible au fond de la chambre, on peut, en plusieurs p […]
