« La cuisine se prépare et ne peut être improvisée. » C'est sur cet aphorisme fondé sur plus d'un demi-siècle d'apostolat culinaire qu'Alexandre Dumaine a, dès son plus jeune âge, déterminé sa vocation. Ce monstre sacré de notre gastronomie est né et mort à Digoin (Saône-et-Loire), Venise rustique et bourguignonne cernée par la Loire et d'exquises rivières.
Inspiré par la ferveur du culte de la table, Alexandre Dumaine entre, dès l'âge de douze ans, dans les cuisines d'un maître queux réputé, Louis Bonneval, patron de l'hôtel de la Poste à Paray-le-Monial, cité médiévale et mystique à quelques lieues de son village natal. Il y acquiert les principes essentiels de cette science gourmande qui devait s'avérer sa raison de vivre. Ensuite, c'est très vite la conquête de Paris, où Alexandre a l'honneur d'être tout de suite agréé par des chefs prestigieux : Léopold Mourier et Tony Giraud l'acceptent dans leur brigade du café de Paris, une des plus fameuses enseignes de la Belle Époque : il y acquiert sa maîtrise professionnelle et grimpe, de grillardin à saucier, tous les échelons. La Première Guerre mondiale interrompt cette merveilleuse formation et Dumaine se retrouve au 58
